La CITES va discuter de la protection éventuelle de quatre espèces de requins. Ces squales seraient pour la plupart en voie d’extinction puisque victimes de la surpêche. Leurs ailerons sont très prisés et représentent un marché juteux. Focus sur la nécessité de protéger le seigneur des mers et à long terme, toute la chaîne alimentaire.

Après l’échec des débats sur la pêche du thon rouge, la conférence de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (CITES) à Doha, s’apprête à discuter de la protection éventuelle de 4 espèces de requins. En effet, le requin-marteau, le requin océanique, le requin taupe et l’aiguillat commun sont pêchés par dizaines de millions chaque année pour la commercialisation de leurs ailerons. Il n’existe actuellement aucun quota et aucun contrôle sur cette pêche dont le commerce des ailerons représente un marché juteux qui peut rapporter jusqu’à 100 dollars le kilo.
Même si les requins sont moins sympathiques que les pandas ou les dauphins, ils n’en sont pas moins en danger. Selon l’Union internationale pour la Conservation de la Nature, trois des espèces précédemment évoquées sont en voie d’extinction et l’autre, qualifiée de « vulnérable ». Elle reconnaît également le requin-marteau comme étant « mondialement en danger ». Mais la décision finale de la CITES reste incertaine, puisqu’en 2007, le Japon avait obtenu le retrait des espèces de requin aiguillat commun et requin-taupe des négociations de la CITES.
Depuis 2001, la République de Palau, située dans le Pacifique, est un sanctuaire du requin, où toute pêche de squales est exclue. Cependant, la pêche illégale est une réalité et chaque année, « les patrouilles relèvent la présence de bateaux » de braconniers, comme l’a souligné le ministre de l’environnement de cette île du Pacifique, Thomas Fritts. La pêche de ces squales devient de plus en plus préoccupante puisqu’ils ont une croissance lente et une reproduction peu importante (tous les deux ans environs). Celle-ci est mise à mal par la chasse aux femelles adultes dont les ailerons et la chair sont les plus appréciés. Les principaux pays pêcheurs en 2008 étaient l’Indonésie, l’Inde, l’Espagne et Taiwan.
Camille Cordonnier