
Prudhoe Bay, en Alaska
Neuf mois après le désastre du Golf du Mexique, la compagnie BP (British Petroleum) est à nouveau confrontée à de sérieux problèmes, en Alaska cette fois. En effet, le groupe a annoncé la fermeture d’un des principaux pipelines de la région, suite à la découverte d’une fuite samedi dernier. Cette fuite aurait apparemment empêché l’exploitation de 95% de la production du site de Prudhoe Bay, qui représente la réserve pétrolière la plus importante des Etats-Unis (avec une production quotidienne de 630 000 barils, soit l’équivalent de 40% de la consommation quotidienne du Royaume-Uni).
La fermeture de ce pipeline, par lequel transite près de 12% du pétrole américain, est lourde de conséquences. En réaction à ces complications, et à la baisse des réserves disponibles, le prix du baril a augmenté de 1% hier matin. Cette évolution pourrait évidemment se répercuter sur le prix à la pompe. Autre conséquence : BP a vu ses parts de marché diminuer de 2,5%. Le groupe est en effet l’actionnaire majoritaire du groupe qui gère le pipeline, Alyeska Pipeline Service.
Selon certains responsables de BP, la fuite est relativement importante, et personne ne peut vraiment savoir quand le pipeline sera de nouveau opérationnel. Aucuns dégâts pour l’environnement n’ont été constatés, le pétrole perdu ayant été en grande partie récupéré. Mais cet incident, qui survient environ neuf mois après celui du Golf du Mexique, relance le débat sur la sécurité et la fiabilité des installations chargées de transporter l’or noir. De plus, le groupe Alyeska a fait face à de nombreuses critiques après avoir diminué l’été dernier les budgets liés à la maintenance des pipelines et à la sécurité des installations. Ce n’est également pas la première fois que de tels incidents se produisent (en Mars 2006, plusieurs petites fuites avaient été repérées).
Si ce nouveau problème lié à l’exploitation du pétrole n’est pas vraiment une catastrophe d’un point de vue écologique, les marchés financiers risquent cependant d’être agités dans les jours qui viennent, et une hausse des prix du baril de pétrole est à prévoir. Liée à l’augmentation des prix alimentaires (voir article précédent), cette hausse pourrait accentuer la pression que subissent certains pays, et conduire à de nouvelles tensions en particulier dans les pays pauvres.
Julien Revest.

