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Nucléaire : l’engagement mou de François Hollande

Jeudi, janvier 19th, 2012

François Hollande sept 2011 wikipedia

Le candidat socialiste à l’élection Présidentielle revoit ses engagements écolos à la baisse.

Alors que l’accord signé entre le Parti Socialiste et EELV prévoyait la fermeture de 24 des 58 réacteurs nucléaires français d’ici à 2050, François Hollande a expliqué qu’il ne fermerait que la centrale de Fessenheim. Il l’a d’ailleurs énoncé dans une tribune publiée fin novembre par le Monde. Une décision qui s’explique par la volonté du candidat socialiste de n’appliquer que les « mesures essentielles » de l’accord. Il avait d’ailleurs répété lors d’un échange sur BFM TV, qu’il n’est pas « un partisan de la sortie du nucléaire ».

[voir vidéo à 19min38]

Le porte-parole de François Hollande, Bernard Cazeneuve, a cependant expliqué que le candidat socialiste prévoyait de demander à la filière nucléaire de consacrer davantage de fonds au développement des énergies renouvelables.

Le précédent MOX

Une micro secousse concernant l’accord avait déjà agité les relations entre le PS et EELV. Elle concernait le MOX, un combustible utilisé dans l’industrie nucléaire. Comme Ecoblogique vous l’avait expliqué, cela avait provoqué un tollé parmi les écologistes, et la colère d’Eva Joly.

relations de « courtoisie »

Malgré cette décision, François Hollande et Eva Joly affichent de bonnes relations. Jeudi 19 janvier au matin, les candidats EELV et PS se sont d’ailleurs croisés sur le quai de la gare de Nantes et ont échangé quelques mots. François Hollande a évoqué des relations de « courtoisie » avec la candidate écologiste, expliquant qu’il espérait son soutien pour le second tour.

Camille Cordonnier

Martine Aubry, une écolo au PS ?

Mercredi, octobre 12th, 2011

Greenpeace se mêle de la Présidentielle de 2012 et vient de soumettre les 15 candidats déclarés à son « stress-test » écolo. Trois d’entre eux obtiennent les faveurs de l’ONG, parmi lesquels la socialiste Martine Aubry.

Outre Eva Joly ( Europe Ecologie- Les Verts) et Philippe Poutou (Nouveau Parti Anticapitaliste), Martine Aubry fait partie de la caste des « engagés« , selon la classification opérée par Greenpeace. Ces résultats disponibles sur le site de l’ONG, se basent sur l’étude de trois grandes thématiques dans les programmes des différents candidats : l’avenir du nucléaire en France, la question des énergies fossiles et celle du développement des énergies propres. Greenpeace dresse donc le portrait écolo de chacun en les classant en trois catégories : les « engagés », les « attentistes » et les « rétrogrades ».

Un engagement pour la fin du nucléaire

Si parmi les socialistes, Martine Aubry se démarque de François Hollande -jugé « attentiste » sur la question par Greenpeace-, c’est parce que depuis le début de sa campagne, elle prône une sortie progressive mais effective du nucléaire, ainsi que l’interdiction de l’utilisation du gaz de Schiste. En septembre dernier elle le disait déjà : « Je propose d’engager la France dans une sortie progressive mais effective du nucléaire ». Ses bons points écolos, elles les doit donc à un engagement qui tranche avec le refus des autres candidats de faire un choix clair en matière de modèle énergétique. Et ce n’est pas Eva Joly qui dira le contraire, puisqu’elle a annoncé que sur le nucléaire, « Martine Aubry, est la candidate la plus proche » des positions d’EELV.

Dans l’entre-deux tour de la Primaire Citoyenne organisée par le Parti Socialiste, Martine Aubry fait donc la différence sur cette question cruciale et ramène l’environnement au centre du débat.

retrouvez cette enquête sur le site de Greenpeace.

Camille Cordonnier

La face cachée du nucléaire, la France en retard?

Mardi, juin 7th, 2011

Interdit depuis décembre 2005, suite notamment à une action juridique menée par Greenpeace, le transport de déchets radioactifs a repris ce matin, lorsqu’un train contenant des déchets nucléaires a quitté la Hollande en direction de l’usine de retraitement Areva de la Hague (Manche). Bloqué à quatre reprises par des militants de Greenpeace, le convoi a déjà passé la frontière belge et vient donc d’entrer en France.

Cet évènement, qui intervient moins de trois mois seulement après la catastrophe de Fukushima, vient contraster la belle image du nucléaire que véhicule actuellement la réunion internationale rassemblant à Paris près d’une trentaine de ministres, venus débattre sur la « sûreté nucléaire », et visiter le Commissariat à l’énergie atomique de Saclay. En effet, ce convoi de déchets radioactifs va traverser des zones très peuplées comme Lille et Paris, tout cela dans le plus grand secret. Si cela pose d’abord un problème au niveau des risques encourus par les populations locales, on peut également se demander si notre pays va dans la bonne direction en matière de politique énergétique. Car au moment où l’Allemagne choisit de s’engager dans un système énergétique moderne, résolument tourné vers l’avenir, la France, elle, collecte les déchets des autres pays européens.

Le gouvernement a d’ailleurs du faire des pieds et des mains pour pouvoir permettre la réalisation de ce transport. En 2006, le Parlement français a tenté une légalisation de ces importations en essayant d’adapter la loi sur les déchets nucléaires. Récemment, un accord Franco-Hollandais a été signé pour rendre ces transports de déchets radioactifs conformes à cette loi, et moins de six ans après leur interdiction, ces derniers ont pu reprendre.

« Ces transports sont le symbole de l’attitude française sur le nucléaire : peu importe les lois, les risques, les réalités économiques, l’avis de la population, l’atome de France doit briller », explique Yannick Rousselet, chargé de campagne nucléaire pour Greenpeace. « Fukushima n’a rien changé, l’arrogance française sur le nucléaire s’est même accrue. En s’entêtant dans ce choix du siècle dernier, nos gouvernants font prendre un énorme retard à la politique énergétique de notre pays ».

Julien Revest.