Posts Tagged ‘Juniper’

Article illustré #1: Le paradoxe climatique

Mardi, février 15th, 2011

*Vous appelez ça un réchauffement climatique, vous?

L’Europe a vécu cette année un hiver très rude. D’abondantes chutes de neige ont paralysé de nombreux aéroports et ont également fortement perturbé les réseaux ferroviaires. Les températures moyennes affichées par nos thermomètres étaient aussi particulièrement basses. De telles conditions climatiques ont suscité de nombreuses interrogations au sein de la population, qui s’étonne de cet hiver rigoureux alors que l’on ne cesse de lui parler de « réchauffement » climatique. Tony Juniper, journaliste et écologiste britannique a pu constater ce scepticisme lorsqu’il a reçu un appel d’une femme habitant le nord de l’Angleterre (alors recouvert par la neige), qui le qualifiait de charlatan en raison de ses discours sur le réchauffement global de la planète.
Alors pourquoi avons-nous subi un tel hiver, quand on nous parle d’une augmentation de la température moyenne de la planète ?

La notion de réchauffement climatique fait référence à une augmentation mondiale des températures moyennes des océans et de l’atmosphère. Ce phénomène est la conséquence de plusieurs éléments, le plus important étant l’effet de serre, qui est à l’origine un phénomène naturel et qui a été amplifié par l’activité de l’homme. Les conséquences du réchauffement climatique sont nombreuses : en plus de l’évolution de températures, on constate une augmentation du nombre de catastrophes naturelles, la fonte des glaciers et l’élévation du niveau de la mer qui en découle, la mise en danger de la biodiversité…

Mais le réchauffement climatique pourrait également être à l’origine d’hivers plus rudes dans les continents du Nord (Europe et Asie notamment). En effet, la fonte de la mer de glace dans l’Arctique entraine un réchauffement des couches inférieures de l’air. Ce réchauffement entrainerait des anomalies dans les courants atmosphériques et apporterait le froid polaire dans les latitudes plus chaudes, ce qui provoquerait alors un refroidissement global des températures dans les continents de l’hémisphère Nord. En clair, les écarts de températures seraient désormais plus importants, avec des étés plus chauds et plus humides, et des hivers plus froids et plus secs.

Au final, l’hiver très froid que l’Europe a subi cette année n’entre absolument pas en conflit avec la notion de réchauffement climatique, mais vient plutôt la compléter: c’est finalement une de ses nombreuses conséquences.

Dessin: Edouard Salmon
Texte: Julien Revest

Les acteurs du changement, c’est nous !

Mardi, janvier 11th, 2011

Le Guardian a publié aujourd’hui un article très intéressant, écrit par Tony Juniper, journaliste et écologiste britannique, qui traite de la façon dont la société peut intégrer peu à peu l’environnement dans son quotidien.

Car on pense bien souvent que les célébrités sont les personnes les mieux placées pour promouvoir la lutte contre le réchauffement climatique, grâce à leur popularité. David Beckham par exemple, adulé par des millions de personnes pour ses qualités de footballeur, sera sûrement écouté et approuvé sur d’autres sujets que le football. Mais d’après Juniper, ce ne sont pas les célébrités qui feront la différence, mais plutôt les personnes qui nous sont proches.

En effet, si la majorité des habitants d’une rue se met à recycler massivement et de manière visible, la plupart d’entre nous feront la même chose, afin de ne pas passer pour le vilain petit canard. De la même manière, si un groupe d’amis commence à acheter principalement des aliments biologiques, nous avons statistiquement plus de chance de nous mettre au « bio » également.

On pense souvent que décisions politiques et avancées technologiques seront les principaux facteurs de progrès en ce qui concerne l’environnement. Mais selon Juniper on sous-estime trop les changements que peut apporter un travail sur la culture populaire, culture dont la principale caractéristique est d’être produite en masse, et susceptible d’être appréciée par un grand nombre. Combien de fois avons-nous entendu dire : « Je ne fais rien parce que les autres ne font rien non plus » ou « si je suis tout seul à le faire, ça ne changera rien ». Or, ces opinions sont culturellement ancrées dans les esprits et bloquent pour l’instant toute action, toute évolution. Mais les choses peuvent changer.

Car nous faisons en effet surtout confiance aux personnes que nous connaissons, et famille et amis sont les groupes de proches qui ont le plus d’influence sur notre comportement. D’ailleurs, la remarque marche dans les deux sens ! Nous écoutons plus facilement nos amis et notre famille, mais eux aussi nous écoutent plus facilement.

L’Homme est fait pour vivre en société, et nous nous accomplissons socialement en suivant certaines normes. Ces normes sociales sont très souvent culturelles et évoluent en fonction de nos actions à tous. En conséquence, si un individu se met à respecter l’environnement, il y a de fortes chances pour que son entourage (famille et amis surtout) suive le mouvement. En clair, pour sauver la planète, nous avons besoin qu’un comportement respectueux de l’environnement devienne la norme pour notre société. D’autant plus que nous sommes plus enclins à accepter ce genre de changement quand il nous entoure en société, que s’il provient d’un ordre ou de campagnes d’informations. Juniper prend ici l’exemple de l’alcool au volant. Il y a quarante ans, si quelqu’un disait qu’il ne conduirait pas s’il buvait, tout le monde se serait moqué de lui. Aujourd’hui, ce n’est plus le cas, car les comportements ont changé. Les différentes publicités et campagnes de sensibilisation ont éveillé l’attention des gens, mais c’est bel et bien l’influence des personnes qui nous entourent qui a joué le rôle principal.

La conclusion de tout ça, c’est que les acteurs du changement ne sont pas les célébrités, les politiciens ou les gouvernements. Les véritables acteurs, ceux qui peuvent faire bouger les choses, c’est nous tous. Tout simplement. Aider l’environnement passe par un changement de notre comportement, qui a son tour influencera le comportement de nos proches, et ainsi de suite.

Julien Revest.