L’Europe a vécu cette année un hiver très rude. D’abondantes chutes de neige ont paralysé de nombreux aéroports et ont également fortement perturbé les réseaux ferroviaires. Les températures moyennes affichées par nos thermomètres étaient aussi particulièrement basses. De telles conditions climatiques ont suscité de nombreuses interrogations au sein de la population, qui s’étonne de cet hiver rigoureux alors que l’on ne cesse de lui parler de « réchauffement » climatique. Tony Juniper, journaliste et écologiste britannique a pu constater ce scepticisme lorsqu’il a reçu un appel d’une femme habitant le nord de l’Angleterre (alors recouvert par la neige), qui le qualifiait de charlatan en raison de ses discours sur le réchauffement global de la planète.
Alors pourquoi avons-nous subi un tel hiver, quand on nous parle d’une augmentation de la température moyenne de la planète ?
La notion de réchauffement climatique fait référence à une augmentation mondiale des températures moyennes des océans et de l’atmosphère. Ce phénomène est la conséquence de plusieurs éléments, le plus important étant l’effet de serre, qui est à l’origine un phénomène naturel et qui a été amplifié par l’activité de l’homme. Les conséquences du réchauffement climatique sont nombreuses : en plus de l’évolution de températures, on constate une augmentation du nombre de catastrophes naturelles, la fonte des glaciers et l’élévation du niveau de la mer qui en découle, la mise en danger de la biodiversité…
Mais le réchauffement climatique pourrait également être à l’origine d’hivers plus rudes dans les continents du Nord (Europe et Asie notamment). En effet, la fonte de la mer de glace dans l’Arctique entraine un réchauffement des couches inférieures de l’air. Ce réchauffement entrainerait des anomalies dans les courants atmosphériques et apporterait le froid polaire dans les latitudes plus chaudes, ce qui provoquerait alors un refroidissement global des températures dans les continents de l’hémisphère Nord. En clair, les écarts de températures seraient désormais plus importants, avec des étés plus chauds et plus humides, et des hivers plus froids et plus secs.
Au final, l’hiver très froid que l’Europe a subi cette année n’entre absolument pas en conflit avec la notion de réchauffement climatique, mais vient plutôt la compléter: c’est finalement une de ses nombreuses conséquences.
Dessin: Edouard Salmon
Texte: Julien Revest
