Posts Tagged ‘Greenpeace’

Martine Aubry, une écolo au PS ?

Mercredi, octobre 12th, 2011

Greenpeace se mêle de la Présidentielle de 2012 et vient de soumettre les 15 candidats déclarés à son « stress-test » écolo. Trois d’entre eux obtiennent les faveurs de l’ONG, parmi lesquels la socialiste Martine Aubry.

Outre Eva Joly ( Europe Ecologie- Les Verts) et Philippe Poutou (Nouveau Parti Anticapitaliste), Martine Aubry fait partie de la caste des « engagés« , selon la classification opérée par Greenpeace. Ces résultats disponibles sur le site de l’ONG, se basent sur l’étude de trois grandes thématiques dans les programmes des différents candidats : l’avenir du nucléaire en France, la question des énergies fossiles et celle du développement des énergies propres. Greenpeace dresse donc le portrait écolo de chacun en les classant en trois catégories : les « engagés », les « attentistes » et les « rétrogrades ».

Un engagement pour la fin du nucléaire

Si parmi les socialistes, Martine Aubry se démarque de François Hollande -jugé « attentiste » sur la question par Greenpeace-, c’est parce que depuis le début de sa campagne, elle prône une sortie progressive mais effective du nucléaire, ainsi que l’interdiction de l’utilisation du gaz de Schiste. En septembre dernier elle le disait déjà : « Je propose d’engager la France dans une sortie progressive mais effective du nucléaire ». Ses bons points écolos, elles les doit donc à un engagement qui tranche avec le refus des autres candidats de faire un choix clair en matière de modèle énergétique. Et ce n’est pas Eva Joly qui dira le contraire, puisqu’elle a annoncé que sur le nucléaire, « Martine Aubry, est la candidate la plus proche » des positions d’EELV.

Dans l’entre-deux tour de la Primaire Citoyenne organisée par le Parti Socialiste, Martine Aubry fait donc la différence sur cette question cruciale et ramène l’environnement au centre du débat.

retrouvez cette enquête sur le site de Greenpeace.

Camille Cordonnier

C’est une poupée…

Mercredi, juin 15th, 2011

Barbie, la poupée mythique de Mattel est dans le collimateur de Greenpeace. En effet, elle serait en partie responsable du mouvement de déforestation qui décime les forêts indonésiennes et leurs écosystèmes.

Barbie Guerrilla Billboard in London, © Greenpeace

La cible de la nouvelle campagne de sensibilisation de Greenpeace n’est autre que la cinquantenaire de Mattel la plus connue au monde : Barbie. Si à première vue l’idée fait sourire, la campagne n’en est pas moins caustique et pointue, surtout quand on sait que deux poupées Barbie sont vendues chaque seconde dans le monde. Ce n’est pas la poupée en elle-même qui est responsable de la déforestation mais bien son emballage, issu de la coupe de bois des forêts indonésiennes réputé bon marché. En effet, la société Mattel se fournit chez Asia Pulp and Paper, « spécialiste » de la déforestation dans la région.
C’est sous le signe de l’humour que Greenpeace livre sa bombe. Le visuel montre Ken, le fidèle compagnon de Barbie, qui déclare « je ne sors pas avec des filles qui pratiquent la déforestation ». L’article est également accompagné d’une vidéo dans laquelle Ken découvre les atrocités commises par Barbie : destruction des forêts indonésiennes qui abritent entre autres orangs-outans et tigres de Sumatra, deux espèces en voie de disparition. Mais sous ses apparences girly, le message n’en reste pas moins engagé et piquant comme le montre ce commentaire lancé dans ladite vidéo « est-ce que vous imaginiez Barbie en serial-killer ? ». La poupée a définitivement perdu toute son innocence et est dépeinte comme une véritable criminelle. La réponse de Ken ne se fait pas attendre : « je la quitte cette espèce de **** ». Pas sûr que Mattel apprécie ce détournement.

La société fera-t-elle marche arrière ? On se souvient de l’impact de la dernière campagne de Greenpeace sur la déforestation en Indonésie. Cette dernière avait fait plier Nestlé dont certains biscuits contenaient de l’huile de palme issue de cultures installées sur d’anciennes forêts indonésiennes, et contribuant ainsi à la déforestation des forêts tropicales.

Camille Cordonnier

La face cachée du nucléaire, la France en retard?

Mardi, juin 7th, 2011

Interdit depuis décembre 2005, suite notamment à une action juridique menée par Greenpeace, le transport de déchets radioactifs a repris ce matin, lorsqu’un train contenant des déchets nucléaires a quitté la Hollande en direction de l’usine de retraitement Areva de la Hague (Manche). Bloqué à quatre reprises par des militants de Greenpeace, le convoi a déjà passé la frontière belge et vient donc d’entrer en France.

Cet évènement, qui intervient moins de trois mois seulement après la catastrophe de Fukushima, vient contraster la belle image du nucléaire que véhicule actuellement la réunion internationale rassemblant à Paris près d’une trentaine de ministres, venus débattre sur la « sûreté nucléaire », et visiter le Commissariat à l’énergie atomique de Saclay. En effet, ce convoi de déchets radioactifs va traverser des zones très peuplées comme Lille et Paris, tout cela dans le plus grand secret. Si cela pose d’abord un problème au niveau des risques encourus par les populations locales, on peut également se demander si notre pays va dans la bonne direction en matière de politique énergétique. Car au moment où l’Allemagne choisit de s’engager dans un système énergétique moderne, résolument tourné vers l’avenir, la France, elle, collecte les déchets des autres pays européens.

Le gouvernement a d’ailleurs du faire des pieds et des mains pour pouvoir permettre la réalisation de ce transport. En 2006, le Parlement français a tenté une légalisation de ces importations en essayant d’adapter la loi sur les déchets nucléaires. Récemment, un accord Franco-Hollandais a été signé pour rendre ces transports de déchets radioactifs conformes à cette loi, et moins de six ans après leur interdiction, ces derniers ont pu reprendre.

« Ces transports sont le symbole de l’attitude française sur le nucléaire : peu importe les lois, les risques, les réalités économiques, l’avis de la population, l’atome de France doit briller », explique Yannick Rousselet, chargé de campagne nucléaire pour Greenpeace. « Fukushima n’a rien changé, l’arrogance française sur le nucléaire s’est même accrue. En s’entêtant dans ce choix du siècle dernier, nos gouvernants font prendre un énorme retard à la politique énergétique de notre pays ».

Julien Revest.

L’éolien en Europe : la fin du « NIMBY » ?

Mardi, janvier 25th, 2011

Vous êtes peut être familiers avec cette expression très utilisée chez nos voisins britanniques : « Nimby », soit l’acronyme de Not In My Back Yard, qui trouve son origine aux Etats-Unis. Elle désigne une position éthique et politique qui défend l’interdiction ferme d’installer, entre autres, des champs d’éoliennes à proximité d’habitations, au nom du respect de la beauté du paysage et de la « qualité de vie ».
Mais ce lobbying anti-éolien semble battre de l’aile, comme le montre le développement toujours plus important en Europe de ces grands oiseaux blancs dans nos campagnes et sur nos mers.

Alors que nos voisins d’outre-manche sont les leaders européens sur la question de l’éolien off-shore, la France accuse un sacré retard concernant le développement de cette énergie propre. En effet, le Royaume-Uni, région la plus venteuse d’Europe, a inauguré en septembre 2010 la plus grande ferme éolienne off-shore du monde. Cette dernière se situe non loin de la côte du Kent, et compte pas moins de 100 turbines, pouvant générer jusqu’à 300 mégawatts d’énergie, soit assez pour alimenter 200,000 foyers en électricité. Le Danemark compte quant à lui 850 turbines off-shore, et la Belgique fait également figure de précurseur puisqu’elle avait franchi le cap en installant un champ d’éoliennes au large du port de Zeebrugge, dès 1986.
Nicolas Sarkozy s’est donc décidé à emboiter le pas à ses homologues européens, puisqu’il va lancer ce mardi un appel à projets concernant la construction d’un champ éolien off-shore, le premier en France. Ce projet, prévu pour être opérationnel en 2015 devrait concerner cinq sites potentiels : Saint-Nazaire et le Tréport (Seine-Maritime), Fécamp (Seine-Maritime), Courseulles-sur-Mer (Calvados) et Saint-Brieuc. Ce projet ambitieux signerait donc le débuts de l’éolien off-shore en France et permettrait de redonner de la vigueur au Grenelle de l’Environnement qui s’était vite essouflé. A terme, l’objectif est d’arriver à un total de 23% de la production d’électricité grâce aux énergies renouvelables.

Et cela pourrait payer, puisque selon un rapport de l’Association Environnementale Greenpeace intitulé « la bataille des réseaux », publié en 2011, les énergies renouvelables pourraient assurer 68% et 99,5% des besoins en électricité de l’Union Européenne d’ici 2030 puis 2050, si le nucléaire perdait son accès prioritaire. En effet, alors que certaines éoliennes sont en période de pointe de production, elles sont très souvent arrêtées pour laisser place à l’énergie produite par les centrales nucléaires et thermiques, plus difficiles voire impossible à stopper –les centrales fonctionnant au charbon, notamment.
Ce qui échaude les gouvernements ? Le coût d’un tel changement : 70 milliards d’euros d’investissement seraient nécessaires d’ici à 2030, auxquels s’ajouteraient une note de 28 milliards d’euros afin de continuer le développement des infrastructures pour atteindre les objectifs de 99,5% de production d’électricité venant d’énergies propres pour 2050.

Mais en Europe, on a bien compris l’impératif de se mettre au diapason concernant l’éolien, et ce dernier a résolument le vent en poupe!

Camille Cordonnier

Nestlé ou comment l’huile de palme nuit aux forêts tropicales

Jeudi, mars 18th, 2010

Sur le site de Greenpeace on trouve cette vidéo :

http://forets.greenpeace.fr/greenpeace-denonce-nestle-qui-contribue-a-la-deforestation-en-indonesie

Manger les célèbres barres chocolatées Kit Kat, commercialisées par Nestlé nuirait donc aux Orangs-outangs. En effet, le groupe suisse utilise de l’huile de palme dans sa préparation. Cette dernière vient de plantations localisées en Indonésie. Nombre d’entre elles auraient contribué à la déforestation grandissante et fait disparaître les forêts de Sumatra et Bornéo, comme le souligne l’association écologiste.

Victoire de Greenpeace, puisque Nestlé vient de rompre le contrat qui l’unissait à Smart, une société indonésienne qui fournissait de l’huile de palme depuis de nombreuses années au groupe suisse et dont les plantations sont installées sur d’anciens massifs forestiers indonésiens. L’entreprise n’a certainement pas agit par devoir moral, mais est consciente qu’il ne fait pas bon être associé à la déforestation pour l’image de sa marque. Nestlé s’est engagé à n’utiliser que de l’huile de palme certifiée d’ici à 2015. Cette conversion ne sera donc pas immédiate, puisque selon Nestlé les quantités ne sont aujourd’hui pas suffisantes. Greenpeace appelle au boycott de kit Kat tant que Nestlé continuera d’utiliser des huiles de palme dont l’exploitation contribue à la déforestation.

Camille Cordonnier