En 2009, le sommet de l’échec s’appelait Copenhague. En 2010, beaucoup pensaient que Cancun serait son frère jumeau, à tel point que certains pays n’avaient même pas répondu présents à l’invitation…

On attendait donc beaucoup et en même temps tellement peu de ce sommet… Certains y voyaient l’opportunité de relancer le cycle des négociations onusiennes et de se mettre d’accord sur l’après-Kyoto, mais beaucoup gardaient en mémoire l’expérience du Cop15, signe de l’inertie d’une communauté Internationale peu encline à régler la question climatique de concert…
Et pourtant, ce sommet rassemblant près de 200 pays a permis de faire un pas en avant en adoptant un texte qui vise à limiter à 2 degrés Celsius la hausse de la température moyenne de la terre, par rapport au niveau pré-industriel. Les pays développés se sont également engagés à mobiliser un Fonds Vert de 100 milliards de dollars dès 2020, qui sera mis à disposition des pays en développement victimes du changement climatique.
La question de la déforestation a également été abordée avec la mise en place d’un mécanisme qui vise à la réduire.
Cependant, la faiblesse de cet accord est réelle. Non contraignant et peu ambitieux, il peinera à réaliser l’objectif principal de réduction des gaz à effet de Serre. Un flou règne également concernant le financement du Fonds Vert…
On peut tout de même se réjouir que cette réunion ait relancé la discussion sur l’environnement et beaucoup espèrent qu’elle aura permis de préparer le terrain concernant le prochain Sommet qui se tiendra à Durban, en Afrique du Sud à la fin 2011. Beaucoup veulent voir en ce dernier LE rendez-vous des Nations concernant le règlement des réalités climatiques, pouvant donner naissance à un traité potentiellement contraignant, à l’image du protocole de Kyoto adopté en 1997.
Camille Cordonnier