Posts Tagged ‘émissions’

Vers un changement de mentalité ?

Mercredi, septembre 14th, 2011

Le Carbon Disclosure Project, une organisation indépendante basée au Royaume-Uni, vient de rendre public les résultats d’une analyse sur l’importance des enjeux environnementaux au sein des 500 plus grandes entreprises de la planète. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que les résultats sont très encourageants. En effet, 45% des 396 entreprises sondées ont réduit cette année leurs émissions de gaz à effet de serre suite à des séries de mesures spécifiques. Ce chiffre représente une belle amélioration par rapport aux 19% de l’année dernière.

Une amélioration au niveau des entreprises

Désormais, 68% des plus grandes entreprises mondiales placent le climat et les enjeux environnementaux au cœur de leur stratégie, contre 48% l’année dernière. Le rapport du Carbon Disclosure Project précise également que l’augmentation du prix du pétrole, la diminution progressive du niveau de ressources énergétiques et la prise de conscience de l’important retour sur investissement lié à de telles actions en faveur de l’environnement, ont permis ce changement de vision au sein de bon nombre d’entreprises. En outre, 59% des entreprises interrogées affirment que les frais engendrés par ces mesures sont couverts en l’espace de seulement 3 ans.

Il est intéressant de noter que plus les performances sur les marchés boursiers sont élevées, plus ces entreprises prendront des mesures pour réduire leurs émissions. A terme, les revenus de ces entreprises seront d’ailleurs deux fois supérieurs aux revenus d’entreprises n’ayant pas œuvrées pour l’environnement (sur la période 2005-2011). Sur les 396 entreprises sondées, 74% d’entre elles ont désormais des objectifs bien précis en matière d’émissions, contre 65% l’année dernière.

Apple, le mauvais élève

Les entreprises les plus engagées et qui fournissent le plus d’information sur leur activité sont des groupes tels que Tesco, BMW, Sony, Bank of America. A l’inverse, des groupes comme Apple, Amazon et la Banque de Chine sont très en retard par rapport aux autres. D’une manière plus générale, les institutions publiques sont les plus actives en matière d’environnement, alors que les entreprises du secteur de l’énergie sont encore à la traine. Une preuve que ces actions sont bel et bien efficaces : Tesco, qui a commencé à réduire ses émissions depuis plusieurs années maintenant, économise désormais près de 230 millions d’euros par année en consommation énergétique.

Ce que ce rapport montre, c’est que cela devient de plus en plus pertinent pour les entreprises de réduire leurs émissions car le retour sur investissement est rapide et important, et la rentabilité à terme est quasi-assurée. Il semblerait donc que ce soit désormais celles qui ne mettent pas de stratégie en place qui risquent de se retrouver distancées. Le Carbon Disclosure Project conclut en mettant en évidence le fait que la plupart des patrons de ces grandes entreprises ont un engagement fort vis-à-vis des enjeux environnementaux, et que cela ce voit désormais à tous les étages de l’entreprise.

Julien Revest.

Lutter contre le réchauffement climatique a un prix. Mais lequel ?

Mardi, mars 1st, 2011

Prédire avec précision les coûts économiques à long terme découlant de la lutte contre le réchauffement climatique et ses effets est impossible. En effet, l’économie et le réchauffement climatique sont deux sujets complexes, qui comportent une grande part d’incertitude, notamment lorsqu’il s’agit de faire des prédictions à long terme.

Cette complexité provient tout d’abord du nombre élevé de facteurs rentrant en jeu. Par exemple, le prix à payer pour réduire les émissions de gaz dépend du prix actuel des combustibles fossiles et des formes d’énergie alternatives. Or, ces prix dépendent à leur tour de facteurs variés, tels que la baisse des ressources énergétiques, la croissance économique, l’évolution démographique, les actions menées par les gouvernements ou encore les avancées technologiques. De même, les dépenses liées à l’impact qu’aura l’augmentation des températures sur le globe, dépendront (entre autres) du comportement du climat par rapport aux gaz à effet de serre et de la localisation géographique des dégâts entrainés par le dérèglement climatique.

De plus, même sans toutes ces incertitudes, il est très difficile d’estimer le coût de la lutte contre le réchauffement climatique, pour des questions méthodologiques et philosophiques. En effet, comment analyser économiquement les écosystèmes et ce qu’ils produisent ? Et comment comparer la situation économique et sociale actuelle par rapport à celle de demain ?

Malgré ces nombreuses difficultés, plusieurs économistes ont tenté de définir quels seraient les coûts et les bénéfices des différents plans de lutte contre le réchauffement climatique. Le « rapport Stern », rédigé par l’économiste Nicholas Stern pour le gouvernement britannique, semble être le plus avancé à ce jour. Il conclut notamment en disant que le meilleur moyen de protéger l’économie sur le long terme est de réduire le plus rapidement possible les émissions de gaz à effet de serre.

Julien Revest.