Posts Tagged ‘EELV’

Présidentielle : les candidats en campagne au Salon de l’Agriculture

Jeudi, mars 1st, 2012

Le 39ème salon de l'agriculture a ouvert ses portes samedi 25 février 2012

Le 39ème salon international de l’agriculture (SIA) a ouvert ses portes samedi 25 février. Passage obligé pour les candidats à l’élection Présidentielle qui vont à la rencontre d’un monde agricole dont le vote est largement ancré à droite. L’occasion pour Ecoblogique de faire le point sur la venue des principaux candidats à l’élection Présidentielle et les relations qu’ils entretiennent avec les agriculteurs.

Comme chaque année, le la plus grande ferme de France (SIA) a ouver ses portes. Une semaine de marathon pour les 1142 exposants, et le public, mais pas que. Parmi les visiteurs on trouve une catégorie bien à part : les politiques. Une fois de plus, ils ont sillonné les allées du salon, se montrant à l’écoute des préoccupations du monde agricole. Mais cette 39ème édition du SIA intervient dans une période un peu particulière. En effet, à 60 jours de l’échéance Présidentielle, tous les candidats sans exception vont se bousculer au salon, campagne oblige.

Nicolas Sarkozy : le favori

Le Président de la République a ouvert le bal, se rendant au salon de l’agriculture, le jour de son ouverture. Le candidat UMP était présent à partir de 7h30 pour un petit-déjeuner avec les éleveurs, mais n’a passé que 5 heures au salon, montre en main. Le candidat UMP est cependant en tête des sondages chez les agriculteurs. On estime que les intentions de vote concernant le candidat UMP atteignent 40%.

Hollande à la traîne dans les sondages mais acclamé au salon

Si François Hollande est à la traîne dans les sondages (14% d’intentions de vote) par rapport au candidat UMP, il bénéficie d’une côte de popularité importante. A l’instar de Jacques Chirac, le chouchou des agriculteurs, le candidat socialiste a fait une visite remarquée au salon de l’agriculture. Entouré d’une nuée de journalistes et de curieux, il a sillonné les allées du salon pendant 10 heures.

François Hollande en visite au SIA 2012

Germinal Peiro, son porte-parole a souligné l’importance d’« engager un plan national de relocalisation des activités agricoles », expliquant que l’ « on a perdu 25% d’exploitations en 10 ans ». Pour le candidat socialiste, il est donc primordial de développer « une agriculture attachée aux diversités des territoires » afin de « créer de la valeur ajoutée et des emplois ». Rappelons que ses propositions sur l’agriculture se trouvent en 6ème position des 60 mesures qu’ils propose pour la France.

Bayrou : l’agriculture dans le sang

François Bayrou était quant à lui en visite au salon le 26 février. Lui-même agriculteur, il a expliqué qu’il fallait « un président enraciné dans le monde agricole » afin d’assurer son avenir. Il apparaît comme étant un vrai challenger concernant le vote agricole dont les intentions de vote atteignent 16%.

François Bayrou en visite au salon de l'agriculture 2012

Il a au passage attaqué Nicolas Sarkozy qui explique que les agriculteurs ont triplé leur revenu. Pour lui, il est nécessaire de « dire la réalité sur la situation des agriculteurs » dont certains « ne dégagent même pas le SMIC ».

Les écolos : l’amour vache ?

Les relations entre les écolos et les agriculteurs n’ont pas toujours été faciles. On se rappelle la phrase de Sarkozy pour contenter les agriculteurs en 2010 « l’écologie ça commence à bien faire », ou encore la campagne d’affichage de l’association France Nature Environnement (FNE) mettant directement en cause les agriculteurs en ce qui concerne la pollution des milieux (eaux, sols).

Les candidats écolos sont donc en véritable opération séduction afin de montrer qu’agriculture et protection de l’environnement ne sont pas incompatibles. Et ce n’est pas forcément gagné. Eva Joly devrait se rendre jeudi au salon, même si elle n’est pas forcément la bienvenue, notamment pour les éleveurs. Son porte-parole, Alain Liepietz, a rappelé lundi les engagements de la candidate d’EELV, expliquant qu’« il faut évoluer vers une agriculture entièrement bio », alors que les objectifs de 20% d’agriculture bio d’ici 2020 peinent à se réaliser (la part du bio est actuellement de 3%, selon le Ministère de l’Agriculture).

Corinne Lepage sur le plateau de l'émission "le débat", au SIA 2012

Corinne Lepage, en visite lundi 27 février au SIA a martelé ses propositions, notamment concernant la préservation des ressources naturelles. Reçue par la chaîne Terre d’infos, elle a expliqué que l’ « utilisation des intrants coûte cher aux agriculteurs », en termes de « pétrole, et de qualité des sols », et mettait à mal « les productions futures ». Elle a martelé sa volonté de vouloir adopter « une vision dynamique des choses ». Sur la question du bio, la candidate de Cap21 a expliqué que si on arrivait « à 20% de bio dans l’agriculture », il serait nécessaire que les « 80% restants soient une agriculture à forte productivité environnementale », afin de « satisfaire la qualité du consommateur et du producteur ».

La tentation de l’extrême-droite

Comme le souligne le sociologue François Purseigle dans un rapport sur le vote agricole pour le Cevipof, si ce dernier est « ancré à droite », on observe chez les agriculteurs « une banalisation des idées d’extrême-droite », notamment chez les jeunes. Ce « virage incertain » comme l’appelle François Purseigle, serait lié au fait que les agriculteurs sont plus sensibles aux thématiques saisies par le FN, comme celles du « déclassement ou de l’insécurité ».

Tous les candidats ménagent donc le vote agricole dans l’optique de l’élection Présidentielle. Mais on sait déjà sans grande surprise, que les agriculteurs voteront majoritairement à droite. Reste cependant à savoir laquelle. Le salon de l’agriculture se tient quant à lui jusqu’au 4 mars, au parc des expositions, porte de Versailles.

Camille Cordonnier

Nucléaire : l’engagement mou de François Hollande

Jeudi, janvier 19th, 2012

François Hollande sept 2011 wikipedia

Le candidat socialiste à l’élection Présidentielle revoit ses engagements écolos à la baisse.

Alors que l’accord signé entre le Parti Socialiste et EELV prévoyait la fermeture de 24 des 58 réacteurs nucléaires français d’ici à 2050, François Hollande a expliqué qu’il ne fermerait que la centrale de Fessenheim. Il l’a d’ailleurs énoncé dans une tribune publiée fin novembre par le Monde. Une décision qui s’explique par la volonté du candidat socialiste de n’appliquer que les « mesures essentielles » de l’accord. Il avait d’ailleurs répété lors d’un échange sur BFM TV, qu’il n’est pas « un partisan de la sortie du nucléaire ».

[voir vidéo à 19min38]

Le porte-parole de François Hollande, Bernard Cazeneuve, a cependant expliqué que le candidat socialiste prévoyait de demander à la filière nucléaire de consacrer davantage de fonds au développement des énergies renouvelables.

Le précédent MOX

Une micro secousse concernant l’accord avait déjà agité les relations entre le PS et EELV. Elle concernait le MOX, un combustible utilisé dans l’industrie nucléaire. Comme Ecoblogique vous l’avait expliqué, cela avait provoqué un tollé parmi les écologistes, et la colère d’Eva Joly.

relations de « courtoisie »

Malgré cette décision, François Hollande et Eva Joly affichent de bonnes relations. Jeudi 19 janvier au matin, les candidats EELV et PS se sont d’ailleurs croisés sur le quai de la gare de Nantes et ont échangé quelques mots. François Hollande a évoqué des relations de « courtoisie » avec la candidate écologiste, expliquant qu’il espérait son soutien pour le second tour.

Camille Cordonnier

« Eva dans le mur » ?

Jeudi, novembre 24th, 2011

La semaine dernière, la lune de miel commençait plutôt bien entre le Parti Socialiste et les Verts. Les deux partis signaient en effet un accord politique en vue des législatives de 2012, qui permettrait aux verts de former un groupe parlementaire. Puis ça a coincé, d’abord avec le Mox, ensuite avec « Eva en guerre » critiquée jusque dans les rangs d’EELV… Une bataille de points de vue, ou de convictions plutôt.

Pas d’accords sur « l’accord »

Tout commence donc avec un atome qui coince, le MOX (un combustible utilisé dans l’industrie nucléaire et produit à 90% par Areva). Puisque l’accord EELV/PS prévoyait d’en stopper la production en France. Sauf que… après un vote en interne chez les socialistes, ladite mention a comme par enchantement disparu… Un tour de passe-passe auquel les verts ne croient pas, Cécile Duflot essaie tant bien que mal de se dépêtrer en expliquant que le PS tiendra ses engagements. Problème : Areva aurait décroché le téléphone pour faire valoir ses intérêt auprès de François Hollande… En gros le Mox c’est des emplois, et surtout pas mal de revenus pour l’entreprise française.

Eva en guerre

Le sang d’Eva Joly ne fait qu’un tour. Les socialistes ont osé pactiser avec le diable et ont cédé aux sirènes du grand méchant Lobby Nucléaire… Les critiques fusent. Pour les commentateurs, le PS est en train de se tirer une balle dans le pied alors que la bataille pour 2012 vient à peine de débuter. Dur. La droite s’en donne à cœur-joie en taxant hollande de « candidat de la gauche molle ». L’occasion était trop belle…

Eva reste absente lors du vote du texte par le Conseil fédéral des verts et prend une retraite médiatique de 2 jours. Pire, elle laisse planer le doute sur son appel à voter Hollande lors du second tour de la Présidentielle. Résultat : son porte-parole, Yannick Jadot démissionne, expliquant qu’il ne partage plus sa « ligne politique ». EELV doit s’expliquer sur ce couac qui risque de lui coûter cher en termes d’image et de voix. Mais il est trop tard, et plusieurs personnalités du parti tirent à boulets rouges sur leur candidate. Pour Daniel Cohn-Bendit, « Eva Joly fait les mauvais choix politiques ». Noël Mamère menace quant à lui de ne pas faire campagne avec elle si elle « ne dit pas maintenant qu’elle soutiendra François Hollande au second tour ».

Retour à la case départ ?

La pression monte d’un cran, et pour ne pas risquer la défection des pontes du parti, Eva Joly rectifie le tir. Mercredi à 11h20 elle déclare à l’AFP qu’elle appellera bien « à voter Hollande » s’il est au Second tour. Une position qu’elle confirme sur Twitter en écrivant : « je ne suis pas femme à cultiver l’ambiguïté. Evidemment au second tour, la gauche et les écolos devront se rassembler ».

Mais le mal est fait, et ce que l’on retient finalement de cet accord, c’est surtout une Union ratée de la Gauche.

Camille Cordonnier