
Une dizaine d’objectifs nouveaux pour Rio+20
Certaines informations concernant la conférence des Nations Unies pour le développement durable Rio+20, qui aura lieu du 20 au 22 juin 2012 à Rio de Janeiro au Brésil, ont récemment échappé aux organisateurs. La divulgation de certains éléments du programme de ce sommet très attendu a permis de découvrir une dizaine d’objectifs dont la mise en place devrait permettre de poser les bases d’une nouvelle économie verte à l’échelle mondiale. Ce programme comprend, entre autres, un nouveau projet destiné à protéger les océans, la mise en place d’un rapport annuel faisant un point sur l’état de la planète, et la création d’une agence mondiale pour l’environnement.
Changement de façon de faire
Le premier sommet de la Terre, en 1992, avait rassemblé des leaders comme Fidel Castro, John Major ou encore Georges HW Bush, pour ce qui était à l’époque le plus grand rassemblement politique jamais organisé. Cet été, une dizaine de chefs d’État ainsi que des leaders politiques et des célébrités devraient assister à la conférence, un chiffre sûrement moins important que les 190 chefs d’État présents en 1992. Et si ces chefs d’État avaient alors tous signé des accords environnementaux qui engageaient légalement leur pays, la situation serait différente cette fois. En effet, il n’y aura aucune obligation d’un engagement légal à atteindre tel ou tel objectif. Les Nations Unies demanderont à ce que les États fixent eux-mêmes leurs objectifs, sur une base volontaire, dans une vision de construction d’une nouvelle économie avec pour but la diminution de la pauvreté et de la consommation.
Si le programme de la conférence peut toujours changer d’ici juin, il semble que les pays seront incités à mieux utiliser leurs ressources et réorganiser les subventions concernant les combustibles fossiles, responsables en grande partie du réchauffement climatique.
Consolider le programme environnemental des Nations Unies
Le contenu réel de ces nouveaux objectifs sera décidé par les États avant le sommet à Rio, mais ne sera probablement pas introduit avant 2015. Une certitude toutefois : les domaines prioritaires seront les océans et leur protection, l’alimentation mondiale, la problématique de l’énergie, l’eau et la consommation par exemple. Il est important de noter que la progression des pays sera évaluée individuellement et avec sérieux. Cependant, ces objectifs ne remplacent en aucun cas les objectifs du millénaire pour le développement, mais on s’attend plutôt à ce que les gouvernements consolident le programme environnemental des Nations Unies (basé à Nairobi). En effet, ce dernier ne semble aujourd’hui pas assez solide pour s’attaquer aux menaces du changement climatique.
Réactions mitigées
Ces vingt dernières années, on a pu constater une baisse globale de la pauvreté dans le monde, et une généralisation des technologies de l’information. Mais les objectifs environnementaux n’ont pas été atteints pour la plupart, et 1,4 milliard d’êtres humains vivent encore dans une extrême pauvreté. En parallèle, le Brésil veut mettre en place une conférence pour les ONG et individus, afin de débattre et faire pression sur les gouvernements et les pousser à agir.
L’ébauche du programme du sommet de Rio+20 et les informations qui ont été récupérées suscitent des réactions mitigées, dont voici quelques exemples.
Ruth Davis, Chief Policy Adviser pour Greenpeace UK : « This Rio summit comes after two decades of delays and broken promises on sustainable development which has left millions in poverty and pushed ecosystems to the brink of collapse. Whilst this draft text covers the key issues, it also demonstrates a dismal lack of urgency in tackling them. Goals to end destruction of ancient forests, tackle over-fishing, phase out dirty energy subsidies, and deliver access to clean energy for the poor are either open-ended or pushed back for years. There are certainly important and useful proposals here – not least, the plan to negotiate a new agreement on protecting oceans – which could see an end to the wild-west plundering of the high seas. But for Rio to be more than an elite talking shop, world leaders need to inject some ambition into the negotiation, right now. A vague commitment to act at some point in the future will no longer cut it with the millions of people who have become rightly cynical about voluntary pledges and empty words. »
Stephen Hale, Campaigns Director pour Oxfham: « This will kick-start the Rio negotiations. The Brazilian government deserves credit for a promising first draft. The world’s governments need to respond with ambitious and concrete proposals, particularly on sustainable agriculture and food security where there is far more that the Rio summit can and must agree. »
Julien Revest
