Archive for the ‘Réflexions’ Category

BoP and Inclusive Business: the role of businesses in the fight against poverty

Jeudi, janvier 24th, 2013

This article first appeared on Socialinnovationeurope.eu under the title “Inclusive Business: Innovation for all” and was cross-posted & edited with permission.

Over 4 billion people worldwide lack access to products and services necessary to meet their basic needs –food, housing, safety, health, comfort, culture… They constitute the population commonly referred to as “the poor”. In the E.U. alone, this represents over 80 million people. You may see this as a shame, a problem to solve, a cause to commit to, a society challenge… Some see this as a market failure and the sign that there are many efforts to make (and opportunities to seize) to match the needs.

At the crossroads of social and economic issues

This last take on poverty is the subject of the fields called the “Base of the Pyramid (BoP)” and “Inclusive Business”. The name comes from the fact that these aggregated populations make the bulk of the world demographics, while the richer populations only make the tip of the economic pyramid. Simply put, Inclusive Business consists in considering poor and marginalised persons as full economic agents, as consumers, producers, distributors and entrepreneurs, and designing business models and value chains in a manner that creates shared value and allows for development.

This view is growing steadily among the corporate world and development professionals alike. Faced with this sheer number—over 4 billion people!—some see large, untapped markets, unprecedented opportunities and an open field for innovation, and are developing strategies to reach them. Others see a potential for market-based solutions to tackle poverty on a scale and with an efficiency never achieved before.

Taking into account the socio-economic complexity of poverty

Easier said than done. In reality, poverty has so many factors and facets, and developing economies (and ours) can be crippled with so many market flaws, that BoP and Inclusive Business initiatives cannot rest merely on a low-cost strategy, just as they cannot be led by one company alone. Whether they are implemented in developing or developed countries, these initiatives need to be co-created with the communities at the base of the pyramid. This is the only way to build a real understanding of the daily lives and needs of the poor as customers and business partners, and to achieve social and economic goals.

They also need to rest on strategic partnerships between companies and other actors in the field, especially from the civic and public sectors which are already running programmes dedicated to poverty issues and possess invaluable insight.

Changing the way we see & do business

These initiatives also require new frameworks and lenses for companies to see their own activities and their business ecosystem through. For instance, the key success factors of BoP strategies—affordability, availability, awareness and acceptability (the “4 As”)—cannot be reached without innovation in the value chain, for which innovative representations are needed. And for Inclusive Business to achieve real change, it needs to rest on disruptive strategies that involve, there again, a fair amount of modelling of the company, its assets, processes, cost structure and revenue stream, value proposition… and even its relationship to its business ecosystem, including partnerships and consumer engagement.

One key issue regarding Inclusive Business is collaboration between companies, along with the public and civic sectors, academics, institutions… in order to build those frameworks for action. This entails to conceive other ways of doing business, and even new ways of seeing competition and the role of businesses, large and small, in their ecosystems. This is why third parties are required to set up working groups, ensure knowledge exchange, conduct research and refine business models that work for development.

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If you are interested in business at the base of the economic pyramid, and more generally the role of businesses for poverty eradication, here are some sources to get started:

The platforms NextBillion, Business Fights Poverty and The Practitioner Hub relay news, opinions & publications on the matter, and allow you to connect and discuss with professionals.
The BoP Learning Labs work with businesses and other organisations to expand knowledge on the subject and refine business models & partnerships for development.

Growing Inclusive Markets, an initiative of the United Nations Development Program, provides a large database of initiatives illustrating the role of businesses in achieving the Millennium Development Goals.

And finally, the (free!) educative platform edX will feature, starting in February, a course entitled The Challenges of Global Poverty, given by MIT professors Esther Duflo and Abhijit Banerjee.

Haude Le Guen
@HaudeLeGuen

Réduction des émissions de gaz à effet de serre : l’heure du bilan !

Mercredi, octobre 24th, 2012

L’Agence Européenne pour l’Environnement a aujourd’hui rendu publics les chiffres relatifs aux réductions d’émissions de gaz à effet de serre pour les pays européens, dont les objectifs avaient été fixés lors du protocole de Kyoto en 1997. Si l’Europe devrait facilement atteindre ses objectifs pour la fin 2012 (réduction des émissions de GES de 5% par rapport aux niveaux de 1990), les résultats propres à chaque pays sont en revanche assez disparates.

Le Royaume-Uni fait figure de leader en Europe, puisque le pays a déjà dépassé ses objectifs avec une réduction de 6% de ses émissions de GES. Les raisons évoquées sont un temps relativement doux, une hausse de l’utilisation des énergies renouvelables, mais aussi une économie qui tourne au ralenti. La France et l’Allemagne atteindront également sans problème leurs objectifs, avec des réductions non négligeables de 5% et 2% respectivement. L’Espagne et l’Italie sont en revanche à la traine, et risquent fortement de ne pas être en mesure de remplir leur part du contrat. Leur seule solution serait alors d’acheter des crédits (droits d’émission) sur le marché du carbone, une « solution » qui coûterait plusieurs dizaines de millions d’euros à des économies déjà aux abois.

Connie Hedegaard, membre de la commission européenne, fait également une remarque tout à fait intéressante à propos des résultats en question : « The EU is delivering on its Kyoto commitment. While our economy grew 48% since 1990, emissions are down 18%. These figures prove once again that emissions can be cut without sacrificing the economy. Now, it is important to keep the direction ». Qui a dit que s’occuper de réduire notre impact environnemental avait une incidence néfaste sur notre économie ?

À l’heure actuelle, les États européens sont les seuls à vouloir continuer dans ce sens après l’année 2012. Et on comprend pourquoi : les objectifs fixés lors du sommet de Copenhague en 2009 et prévus pour 2020 seront probablement largement atteints !

Julien Revest.

It’s happening !

Jeudi, avril 12th, 2012

Selon un rapport du Forum humanitaire mondial, rendu public en 2009 et présenté dans la foulée par Kofi Annan, ancien secrétaire général des Nations Unies, le réchauffement climatique tue près de 300 000 personnes par an.
Ce sont majoritairement les pays du Sud et les 325 millions de personnes les plus pauvres du monde qui sont touchés par le changement climatique. Des phénomènes extrêmes tels que des ouragans, cyclones, inondations, pluies torrentielles, vagues de sécheresse, ainsi que l’élévation du niveau de la mer… menacent de nombreux pays et des milliards d’hommes et de femmes.

Julien Revest.

Source image: http://www.sxc.hu/

Jaime Lerner, un entrepreneur pour la planète

Jeudi, mars 29th, 2012

Jaime Lerner, architecte de formation et maire de Curitiba à trois reprises

La majorité des observateurs juge que le XXIe siècle sera un siècle urbain (près de la moitié de la population mondiale vivra dans les villes). Or, avec l’augmentation rapide de la population, cette urbanisation, non problématique en soi, suscite plusieurs enjeux (sociaux et environnementaux), surtout si celle-ci s’effectue dans de mauvaises conditions. Pourtant, les solutions existent. Jaime Lerner, ancien maire de Curitiba, ville du sud du Brésil, estime d’ailleurs que « la ville n’est pas un problème, mais au contraire une solution ».

Un intérêt précoce pour les problèmes liés à l’urbanisation

Étudiant en architecture, Jaime finit ses études au milieu des années 1960. La ville de Curitiba est alors loin des 1,5 millions d’habitants qui la peuplent aujourd’hui (près de 3 fois moins à l’époque). Malgré tout, le jeune homme se méfie déjà des dangers que peuvent amener l’urbanisation croissante et l’augmentation du nombre de véhicules sur les routes. Si sa première tentative pour s’attaquer à ce problème est un échec (il perd un appel d’offres de la ville face à une multinationale française), il ne baisse pas les bras et décide de créer le premier Institut de Planification Urbaine de la ville, avec comme objectif d’influencer les décideurs de la préfecture. Jaime Lerner est nommé pour la première fois maire de Curitiba en 1971, à seulement 33 ans.

Des projets innovants qui répondent aux besoins de la ville

Il s’entoure alors d’une équipe de jeunes gens très créatifs, qui vont proposer de nombreuses solutions innovantes, solutions qui « dérangent », mais auxquelles la population adhère. En 1975, son premier mandat s’achève, et n’étant pas tellement attiré par le monde politique, il choisit de retourner à son domaine favori : l’architecture. Jaime revient cependant au pouvoir en 1979, élu cette fois-ci, et fort d’une popularité héritée de son premier passage au poste. Il affirme que « n’importe quelle ville peut être changée en moins de 2 ans ». Forte volonté politique, créativité et bon sens de la communication sont les éléments indispensables selon lui. Et ses projets sont nombreux.

Curitiba, Brésil

Transports publics et gestion des déchets

Prenons par exemple le cas des transports publics. Jaime choisit de miser sur un réseau de bus en partenariat avec le privé pour un coût 200 fois moindre au kilomètre que le projet de métro urbain ultra sophistiqué que tout le monde essaye de lui vendre. Son modèle est particulièrement bien conçu. Il finance en effet les sociétés de bus au kilomètre parcouru, et non au nombre de passagers. Ainsi, le réseau déployé est vaste et de bonne qualité.

De plus, et grâce à l’idée de transformer chaque billet de transport en billet de loterie, ce sont désormais 3 habitants sur 4 qui utilisent régulièrement les transports en commun (plus de 1,5 million de passagers par jour). En conséquence, la consommation de carburant par habitant est donc 25 % moins élevée que la moyenne du pays. Et les sociétés de bus, aujourd’hui rentables, n’ont plus besoins de subventions !

Une idée ingénieuse a également résolu le problème de la gestion des déchets. Refusant les plans de construction d’une usine moderne de tri, Jaime Lerner a préféré lancer une vaste campagne participative de tri au sein des foyers de la ville.

Ainsi, 70 % de la population de Curitiba trie aujourd’hui ses déchets, ce qui permet à la ville d’économiser des sommes considérables. De plus, les populations pauvres de favelas sont aussi intégrées au plan grâce au programme « déchets contre nourriture ». Enfin, la ville rachète les déchets pris dans les filets des pêcheurs, ce qui a permis non seulement de dépolluer les rivières, mais également de tripler les revenus des familles pauvres de pécheurs.

Et ça ne s’arrête pas là !

S’ajoute à cela la création de 360 crèches et de 120 hôpitaux ou services d’urgences (certains sont gratuits et ouverts 24 h/24), l’augmentation du nombre d’espaces verts (plus d’un million d’arbres plantés), etc. La population a fortement apprécié les différentes initiatives, et le maire Lerner a été réélu une troisième fois en 1988. Gouverneur à deux reprises de l’état du Parana, il est aujourd’hui président de l’Union internationale des architectes, ce qui lui donne l’occasion de voyager et de partager sa vision de la ville du futur.

Son message pour répondre aux grands enjeux de la planète : « Commencez par deux choses, triez vos déchets, et utilisez moins votre voiture… »

Julien Revest.

Sources images:

http://www.oitopassos.com/2011/02/05/lojas-de-salvados-em-curitiba/

http://development.thinkaboutit.eu/think3/post/an_internationally_famous_city

Japan : the price to close all nuclear plants

Vendredi, mars 23rd, 2012

The Onagawa Nuclear Power Plant, a 3-unit BWR site typical of Japan's nuclear plants.

In Japan, there are 53 nuclear plants and its energetic consumption is based on 12% on nuclear plants , 53% on oil, and 13% on natural gas. But, because of the Fukushima nuclear accident and others that happened before (1999, Accident at the Tokai Mura fuel facility), people rise the possibility to close all nuclear plants. Public opinion is in favour of such view since « between 41 and 54 percent of Japanese support scrapping, or reducing the numbers of, nuclear power plants » . But to close all its facilities, Japan will have to pay a very high price.

Increasing public investment

First of all, in terms of public investment, it will cost a lot of money to close all Japanese nuclear plants and switch to other energies since nuclear energy has been a national strategic priority (what we call New Policy) since 1973 and accounts for almost 30% of the Japan’s total electricity production. According to the International Energy Agency, in the New Policies Scenario, Japan’s spending on imports of gas will “double to $66 billion between 2009 and 2035”, but would reach “$80 billion in the Low Nuclear Case”. In addition, we can mention the fact Japan was severly hit by the economic crisis and can’t put so much money on the table, at least in the current context.

A threat to Japan’s energy security

Second of all, Japan will lose the little energy independence that he has acquired over the past decades. Indeed, Japan have almost no indigenous hydro-carbon resources. Including nuclear power, Japan’s energy self-efficiency represents 16%, and this figure falls to 4% if we exclude nuclear power . According to the IEA, it intensifies concerns about Japan’s energy security .

Importing more fossil energies

Moreover, closing all its nuclear plants means importing other energies, which will be more costly than in any other country. Because, unlike countries in Europe or in North/South America, Japan has no cross-border oil and gas pipelines nor power-transmission lines, and importing other energies have an additional cost. A little historical fact can underline the price Japan will have to pay since its economic recovery after the oil shocks of 1970s is due its successful energy policies and attempt to become more and more energy-independent. According to the International Energy Agency, it is a concern since “spending on oil imports is near record highs” .

Environmental cost

Another cost will be the environmental cost. In september 2009, former Prime Minister Hatoyama committed to a 25% reduction of GHG emissions by 2020, at the UN Climate Change Summit. According to the IEA in the Low Nuclear Case, Japan’s CO2 emissions are “50 Mt higher in 2035 than in the New Policies Scenario”.

As a conclusion, the low nuclear scenario will negatively impact Japan in terms of economic cost, energy security and increase of CO2 emissions, and rises important concerns.

Raul Shimabuku