Après une explosion au niveau du réacteur 2 de la centrale de Fukushima, au Nord-est de Tokyo, le risque nucléaire grandit de jour en jour au Japon. Les images montrent une population en proie à un chagrin immense, désemparée et errant dans des « décors » – tellement ils semblent impossibles à croire- post-apocalyptiques. Réactions en Europe ? Tous les anti-nucléaires brandissent leurs drapeaux militants, scandant avec détermination « non au nucléaire ». Je suis triste de voir l’absence de compassion et la récupération égoïste d’une telle tragédie. Alors que l’épisode apocalyptique en cours au Japon appelle à la plus grande solidarité, nous voici mis face à une réaction tristement individualiste, qui détourne le problème connu à l’instant T : prévenir tout risque nucléaire majeur, faire la lumière sur les risques réels afin d’en informer la population et secourir les populations touchées par ces catastrophes sismique, nucléaire et maritime (tsunami).
Alors oui, il faut tirer des leçons de cette tragédie, renforcer les mesures de sécurité sur les équipements déjà construits, sur ceux en construction – la Chine recensant actuellement 40% des centrales en construction dans le monde. Bien entendu, il faut développer la recherche et les investissements dans les énergies propres afin de se passer de cette énergie nucléaire, qui bien qu’étant l’une des industries les plus sûres au monde, pose le problème du traitement des déchets et le risque de catastrophes environnementale et sanitaire -le risque zéro n’existant pas-, à des énergies plus respectueuses du bien-être planétaire.
Mais il me semble malvenu d’agir aujourd’hui de manière égoïste. Il faut observer une période de deuil, ne pas alourdir la peine d’une population déjà désemparée. Il faut être unis dans l’adversité. Ensuite, il faudra pointer du doigt les coupables, les faiblesses d’un système dont la dangerosité est réelle. Mais pour l’instant, il me semble nécessaire d’observer quelques minutes de silence.
Camille Cordonnier
Dessin : Edouard Salmon
