Les Mayas savaient de quoi ils parlaient. Alors qu’ils avaient prévu la fin du monde pour le 21 décembre 2012, eux-mêmes se seraient éteints à deux reprises, aux IIème et IXème siècles. Une des causes plausibles soulevées par les chercheurs serait… une catastrophe environnementale liée à une déforestation massive ! Alors au lieu de tomber dans des analyses de prophéties grotesques, Ecoblogique.fr a voulu vous expliquer comment la fin d’un monde peut s’expliquer par le caractère autodestructeur d’une civilisation. L’exemple par trois…
Et de un, la déforestation nuit gravement à la santé
On le sait, les civilisations mayas classiques et pré classiques se sont éteintes au cours de l’ère Maya. Plusieurs réponses sont donc avancées par les experts qui tentent de résoudre cette question depuis près d’un siècle : épidémies qui auraient dévasté la communauté, colonisation destructrice, conflits inter-cités… Bien entendu, la réponse n’est pas simple et aurait une origine multi-causale.
En ce qui concerne l’effondrement de la civilisation maya pré classique vers 1000 avant JC., les chercheurs ont montré que la déforestation massive les aurait conduit à leur perte. Ces derniers avaient assis leur développement sur une maîtrise spectaculaire de l’agriculture. Le système était simple : utiliser de la boue issue de marécages afin de rendre leurs terres fertiles au fil des années. Les chercheurs ont d’ailleurs découvert ces dernières ensevelies sous une épaisse couche d’argile. Conclusion ? L’argile se serait déposée du fait de l’érosion due à une déforestation importante de la région alentour, conduisant à une chute de la productivité agricole et marquant ainsi la fin de la prospérité de la civilisation maya pré classique avant de conduire à sa chute.
Et de deux, le « bling-bling » des Mayas cause de leur perte
Mais alors, comment expliquer cette déforestation ? Les experts s’accordent sur le fait qu’elle n’est pas imputable à l’agriculture mais bien à la production de stuc, nécessaire aux ornements des temples, habitations et même des routes mayas. Un tel engouement s’explique par le fait que ces derniers étaient perçus comme des signes extérieurs de richesse évidents pour les élites dirigeantes. Or, pour obtenir cet enduit très apprécié, il fallait chauffer massivement le calcaire, ce qui nécessitait du bois. Bien que très localisé, cet effondrement montre cependant les risques environnementaux entraînés par une déforestation massive.
Et de trois, l’équation sécheresse et émeutes
De plus, des chercheurs ont conduit des analyses sur des carottes sédimentaires prélevées dans la région. Les résultats montrent qu’entre 760 et 910 après JC, l’ère Maya a dû faire face à 4 vagues de sécheresse durant chacune entre trois et neuf ans. La déforestation aurait donc entraîné cette sécheresse. Si ces vagues de chaleur n’ont pas directement mené à l’extinction des mayas de l’époque, elles auraient conduit à des troubles politiques, le leader étant responsable de la bonne météo et des évènements climatiques (tout le monde se souvient de Tintin et de son tour de passe-passe avec l’épisode de l’éclipse…). La population mécontente se serait retournée contre lui.
Finalement, l’expérience maya est le miroir de notre société rongée par la déforestation et les multiples pollutions qui semblent condamner de plus en plus nettement notre chère et tendre biosphère. Cet avertissement concernant une fin du monde pour 2012 est donc tout sauf plausible, mais fin du monde il y aura bien, et plus tôt qu’on ne le pense.
Alors ne dites pas qu’ils ne nous avaient pas prévenus !
Camille Cordonnier