Archive for the ‘Découvertes’ Category

It’s happening !

Jeudi, avril 12th, 2012

Selon un rapport du Forum humanitaire mondial, rendu public en 2009 et présenté dans la foulée par Kofi Annan, ancien secrétaire général des Nations Unies, le réchauffement climatique tue près de 300 000 personnes par an.
Ce sont majoritairement les pays du Sud et les 325 millions de personnes les plus pauvres du monde qui sont touchés par le changement climatique. Des phénomènes extrêmes tels que des ouragans, cyclones, inondations, pluies torrentielles, vagues de sécheresse, ainsi que l’élévation du niveau de la mer… menacent de nombreux pays et des milliards d’hommes et de femmes.

Julien Revest.

Source image: http://www.sxc.hu/

Jaime Lerner, un entrepreneur pour la planète

Jeudi, mars 29th, 2012

Jaime Lerner, architecte de formation et maire de Curitiba à trois reprises

La majorité des observateurs juge que le XXIe siècle sera un siècle urbain (près de la moitié de la population mondiale vivra dans les villes). Or, avec l’augmentation rapide de la population, cette urbanisation, non problématique en soi, suscite plusieurs enjeux (sociaux et environnementaux), surtout si celle-ci s’effectue dans de mauvaises conditions. Pourtant, les solutions existent. Jaime Lerner, ancien maire de Curitiba, ville du sud du Brésil, estime d’ailleurs que « la ville n’est pas un problème, mais au contraire une solution ».

Un intérêt précoce pour les problèmes liés à l’urbanisation

Étudiant en architecture, Jaime finit ses études au milieu des années 1960. La ville de Curitiba est alors loin des 1,5 millions d’habitants qui la peuplent aujourd’hui (près de 3 fois moins à l’époque). Malgré tout, le jeune homme se méfie déjà des dangers que peuvent amener l’urbanisation croissante et l’augmentation du nombre de véhicules sur les routes. Si sa première tentative pour s’attaquer à ce problème est un échec (il perd un appel d’offres de la ville face à une multinationale française), il ne baisse pas les bras et décide de créer le premier Institut de Planification Urbaine de la ville, avec comme objectif d’influencer les décideurs de la préfecture. Jaime Lerner est nommé pour la première fois maire de Curitiba en 1971, à seulement 33 ans.

Des projets innovants qui répondent aux besoins de la ville

Il s’entoure alors d’une équipe de jeunes gens très créatifs, qui vont proposer de nombreuses solutions innovantes, solutions qui « dérangent », mais auxquelles la population adhère. En 1975, son premier mandat s’achève, et n’étant pas tellement attiré par le monde politique, il choisit de retourner à son domaine favori : l’architecture. Jaime revient cependant au pouvoir en 1979, élu cette fois-ci, et fort d’une popularité héritée de son premier passage au poste. Il affirme que « n’importe quelle ville peut être changée en moins de 2 ans ». Forte volonté politique, créativité et bon sens de la communication sont les éléments indispensables selon lui. Et ses projets sont nombreux.

Curitiba, Brésil

Transports publics et gestion des déchets

Prenons par exemple le cas des transports publics. Jaime choisit de miser sur un réseau de bus en partenariat avec le privé pour un coût 200 fois moindre au kilomètre que le projet de métro urbain ultra sophistiqué que tout le monde essaye de lui vendre. Son modèle est particulièrement bien conçu. Il finance en effet les sociétés de bus au kilomètre parcouru, et non au nombre de passagers. Ainsi, le réseau déployé est vaste et de bonne qualité.

De plus, et grâce à l’idée de transformer chaque billet de transport en billet de loterie, ce sont désormais 3 habitants sur 4 qui utilisent régulièrement les transports en commun (plus de 1,5 million de passagers par jour). En conséquence, la consommation de carburant par habitant est donc 25 % moins élevée que la moyenne du pays. Et les sociétés de bus, aujourd’hui rentables, n’ont plus besoins de subventions !

Une idée ingénieuse a également résolu le problème de la gestion des déchets. Refusant les plans de construction d’une usine moderne de tri, Jaime Lerner a préféré lancer une vaste campagne participative de tri au sein des foyers de la ville.

Ainsi, 70 % de la population de Curitiba trie aujourd’hui ses déchets, ce qui permet à la ville d’économiser des sommes considérables. De plus, les populations pauvres de favelas sont aussi intégrées au plan grâce au programme « déchets contre nourriture ». Enfin, la ville rachète les déchets pris dans les filets des pêcheurs, ce qui a permis non seulement de dépolluer les rivières, mais également de tripler les revenus des familles pauvres de pécheurs.

Et ça ne s’arrête pas là !

S’ajoute à cela la création de 360 crèches et de 120 hôpitaux ou services d’urgences (certains sont gratuits et ouverts 24 h/24), l’augmentation du nombre d’espaces verts (plus d’un million d’arbres plantés), etc. La population a fortement apprécié les différentes initiatives, et le maire Lerner a été réélu une troisième fois en 1988. Gouverneur à deux reprises de l’état du Parana, il est aujourd’hui président de l’Union internationale des architectes, ce qui lui donne l’occasion de voyager et de partager sa vision de la ville du futur.

Son message pour répondre aux grands enjeux de la planète : « Commencez par deux choses, triez vos déchets, et utilisez moins votre voiture… »

Julien Revest.

Sources images:

http://www.oitopassos.com/2011/02/05/lojas-de-salvados-em-curitiba/

http://development.thinkaboutit.eu/think3/post/an_internationally_famous_city

Le paradoxe de l’obsolescence programmée

Lundi, décembre 5th, 2011

Votre ordinateur fait des bruits bizarres ? Il ne marche pas comme il le devrait, même si vous venez de l’acheter ? Vous venez d’être victime de l’obsolescence programmée.

L’obsolescence programmée est un concept stratégique utilisé par les entreprises, et qui prévoit qu’un produit donné sera défectueux au bout d’un certain temps (fixé à l’avance). Cette obsolescence est prévue dès la conception du produit en question. Les entreprises ne cherchent donc pas à assurer au consommateur un temps d’utilisation optimal, mais veulent avant tout pousser les clients à la surconsommation dans le but de faire toujours plus de profit.

Le mythe du recyclage des déchets électroniques

Votre ordinateur quant à lui, va finir dans l’un des 900 containers qui part d’Europe de l’Ouest chaque semaine, à destination des déchèteries d’Asie et d’Afrique, emportant avec lui plusieurs tonnes de déchets électroniques. Ces déchets sont d’ailleurs rarement réutilisés. 80% de ceux-ci sont enfouis ou brulés, dégageant alors un nombre important de polluants comme du mercure, contenu dans les écrans plats, et des métaux toxiques lourds contenus dans les unités centrales. L’énergie et les ressources utilisées pour la fabrication de ces produits sont dès lors comme gaspillés, l’informatique étant en plus de cela une des industries qui consomme le plus d’eau. Selon Greenpeace, beaucoup d’entreprises ont banni l’utilisation de produits toxiques dans la fabrication et la conception de leurs différents produits, mais elles n’ont pas pour autant tenté d’améliorer la longévité de ces derniers. La raison est toute simple : dans une société de (sur)consommation, vendre toujours plus est la norme. Certains objets sont donc conçus pour être obsolètes très rapidement, et remplacés par un autre objet de la même entreprise. C’est le cas des logiciels vendus par Microsoft, qui demandent toujours des versions plus récentes. Ainsi, lire certains fichiers devient impossible pour l’utilisateur si celui-ci ne possède pas la version la plus récente du logiciel permettant la lecture du fichier en question.

Politique irresponsable

Dans une société qui prend peu à peu conscience des ressources limitées dont nous disposons, cette politique irresponsable apparait alors en total désaccord avec la situation et les besoins actuels. Lutter contre l’obsolescence programmée permettrait non seulement d’aider la planète en préservant au mieux les ressources, mais peut aussi permettre aux consommateurs de faire des économies non négligeables.

Utile vs. superflu

La première chose à faire serait de discerner l’utile du superflu. Nous consommons trop, et souvent de manière irraisonnée. Modifier nos modes de consommation et notre manière de penser est indispensable. Ainsi, certains sites internet tels que epeat.net, donnent des notes aux appareils électroniques. Aucune excuse à ce moment-là pour ne pas acheter des produits plus « verts ». Contrairement à l’iPhone, dont la fabrication est terriblement coûteuse pour l’environnement, certains Smartphones comme le Nokia C6-01 ont un impact relativement faible. A faible consommation d’énergie et composé à 60% de matériaux recyclés, celui est également recyclable à 100% !

Un autre site, iFixit.com, donne des conseils pour réparer tout équipement défectueux, et ainsi doubler la durée de vie, diminuer de moitié les déchets liés à son utilisation et économiser de l’argent. Si ces gestes sont à la portée de tout le monde, certaines autres actions sont du ressort des organisations et pouvoirs publics.

Une impulsion nécessairement politique

En effet, il doit être du devoir des pouvoirs publics de mettre en place des normes plus contraignantes à destination des entreprises, afin de stopper ce gaspillage environnemental. L’union européenne par exemple, a voté une directive prévoyant le retrait progressif des ampoules à incandescence (ampoules traditionnellement utilisées aujourd’hui). Cette mesure devrait permettre à certains projets, comme les travaux sur les LED (Light-Emitting Diode) de prendre une dimension plus importante. Soit dit en passant, les LED sont 10 fois plus puissantes et consomment moins d’énergie que les ampoules traditionnelles (produit d’ailleurs particulièrement concerné par l’obsolescence programmée…).

Les entreprises doivent également favoriser voire rendre obligatoire l’innovation, dans une vision d’éco-conception (concevoir des produits en prenant en compte les principes de développement durable). La créativité est plus importante que jamais, le design intelligent aussi.

Changer notre manière de penser, voilà le challenge principal de la société actuelle. Car si le fait de favoriser le gaspillage et la surconsommation est une stratégie lucrative à court terme, elle n’est pas adaptée pour du long-terme. Investir en R&D est coûteux mais cela paye à long-terme. Les exemples et les success stories ne manquent d’ailleurs pas…

Julien Revest.

Voûte Nubienne : Un projet de développement qui gagne à être connu

Jeudi, novembre 24th, 2011

En matière de développement, deux associations, Le Partenariat et l’Association la Voûte Nubienne (AVN),; œuvrent ensemble pour apporter des réponses concrètes aux problèmes liés à l’habitat dans la région de Podor, au nord du Sénégal.

Vous avez dit Voûte nubienne ?

Leur projet est ambitieux puisqu’il vise à généraliser le procédé de voûte nubienne dans le Nord du Sénégal – région de Podor. Derrière cette étrange expression se cache un procédé architectural ancestral venu du haut Nil, et historiquement inconnu en Afrique de l’Ouest. Cette technique représente pourtant une réponse aux problèmes d’habitation en Afrique, puisqu’elle permet la construction de bâtiments à l’aide d’un outillage basique et de matériaux locaux.

Une pratique qui constitue une triple avancée, puisqu’elle est à la fois « socialement responsable, économiquement viable et écologiquement durable », selon le communiqué de presse des deux associations.

La désertification, facteur de paupérisation

En effet, les populations nord-sénégalaise doivent faire face à une accélération du phénomène de désertification dans leur région. Cela a pour conséquence de raréfier le bois, et donc de priver les habitants de toiture, puisque celle-ci provient largement de matériaux naturels. Ils doivent alors se tourner vers des matières plus chères et moins durables telles la tôle. Une situation difficile pour les populations de la région sahélienne qui sont victimes d’une cercle vicieux de la pauvreté – faible budget et paupérisation du fait de l’augmentation de leurs dépenses de construction.

Le 7 décembre prochain, les deux associations vous donnent donc rendez-vous à 18h au centre Gaïa, situé au 71, rue Victor Renard, à Lille. Au programme, présentation du projet, projection du film « Pour des Toits de Terre au Sahel », réalisé par Les Artisans du Changement, ainsi qu’une exposition de photographies dont la vente permettra de financer le projet.

Lien Facebook de l’évènement.

Camille Cordonnier

La seconde vie des huiles de cuisson

Dimanche, octobre 16th, 2011

Southwark, 8AM, un matin clair d’Octobre. Chaque minute, un des nombreux « Black cabs » londoniens arrive à Uptown Oil, une station-service située dans le sud de Londres. Certains chauffeurs baillent, d’autres engagent une brève conversation avec le pompiste, avant de payer et de s’élancer sur la route à la recherche des premiers clients de la journée. Une scène similaire à tant d’autres dans la capitale britannique. Sauf qu’ici, chez Uptown Oil, le carburant qui est utilisé a déjà servi une fois. Comme gras de cuisson, dans les restaurants du coin…

Du fish and Chip aux moteurs de voitures

Uptown Oil récupère en effet des matières graisseuses qui ont servi à cuire de nombreux plats différents, du simple fish and chips jusqu’au full english breakfast, afin de les transformer en carburant. Fondée par Nigel Jewison (qui possédait avant sa propre entreprise dans la restauration), John Upton and Jason Askey-Wood, Uptown Oil est une des deux uniques entreprises de la ville à s’être lancée dans cette activité, activité que les fondateurs estiment être un bon moyen de s’attaquer aux problèmes environnementaux locaux, tout en utilisant les ressources à disposition et en restant rentable financièrement. Il faut dire que l’entreprise produit entre 25 000 et 30 000 litres de biocarburant chaque semaine, à partir des huiles de cuisson récupérées dans des bars et restaurants alentours. L’entreprise Uptown Oil achète ses matières premières entre 25 et 50 centimes le litre (dépendant de la qualité de l’huile). Le carburant produit est alors bien plus « propre » qu’un carburant classique, et celui-ci rejette 80% moins d’émissions de CO2 qu’un diesel classique.

Il faut aussi préciser que les restes non utilisés lors du processus de fabrication servent non seulement à produire du savon, mais aussi des matières plastiques (en collaboration avec l’entreprise Greener World). Mais l’activité d’Uptown Oil ne s’arrête pas là ! En effet, 25% de l’électricité et 20% du chauffage du nouveau siège social londonien de Pricewaterhouse Coopers, proviendra des mêmes matières qui terminent dans les réservoirs à essence des centaines de clients fidèles de la station-service.

Un marché peu stable

Si la formule est efficace, nombreux sont ceux qui se demandent pourquoi seulement deux entreprises sont présentes sur ce marché. Des coûts d’investissement très lourds et une réglementation très rigoureuse sont les plus gros obstacles à la formation de nouvelles entreprises de retraitement des huiles de cuisson. Un autre problème : seul les diesels peuvent utiliser ce genre de biocarburant, dont beaucoup avec certaines restrictions. Les taxes appliquées sur ces biocarburants sont également de plus en plus élevées. Certes, le prix au litre est encore de 20 centimes inférieur aux carburants classiques, mais cet écart va rapidement se réduire au cours des années qui viennent. Le marché est donc relativement peu stable et les dirigeants d’Uptown Oil avouent ne pas savoir quelle sera la situation d’ici cinq ans.

Recycler les huiles de cuisson, réduire la pollution

Le Royaume-Uni fait parti de ces pays (avec la Chine notamment) qui font face à un réel problème quand il s’agit de se débarrasser des huiles de cuisson usagées. Chaque année, le secteur de la restauration utilise entre 50 et 90 millions de litres d’huile. Si l’on ajoute à cela les données des ménages, le chiffre est encore plus conséquent. Malgré le vote d’une loi en 2004, obligeant les entreprises du secteur à prendre leurs responsabilités en ce qui concerne ces déchets graisseux, encore trop de liquide finit dans les égouts, causant inondations et infestations de rats. Selon Thames Water (qui s’occupe de la distribution de l’eau, mais aussi du traitement des eaux usées à Londres), nettoyer les égouts de la graisse qui y a été rejetée coûte chaque année près de 12 millions de livres (13,5 millions d’euros). La ville de Londres est déjà confrontée à plusieurs problèmes (qualité de l’air, taux d’émissions de CO2, …) et il devient nécessaire, alors que la date d’ouverture des JO de 2012 approche, de trouver des solutions concrètes en matière de retraitement des déchets.

Les biocarburants représentent une très petite portion de l’énergie britannique (3,1% en 2010). Les biocarburants créés à partir de graisses de cuisson provenant du secteur de la restauration comptent pour un tiers de tous les différents carburants sur le marché. Mais seulement 1100 taxis londonien (sur près de 21 000…) utilise plus ou moins régulièrement ce type de carburant. Cependant, si l’environnement (légal et financier surtout) rend le développement de cette activité compliquée, les solutions, elles, sont bien présentes et l’huile de cuisson a probablement de beaux jours devant elle !

Julien Revest