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Réchauffement climatique et montée des eaux : quand les pays riches sont menacés …

Vendredi, août 17th, 2012

Phénomène reconnu par l’ensemble de la communauté scientifique, la montée du niveau des océans n’est pas uniforme. C’est ce que nous apprend une récente étude américaine (du USGS, le centre géologique américain), qui a démontré que cette montée des eaux était en fait de 3 à 4 fois plus rapide sur une zone côtière allant de Boston à la Caroline du Nord, et passant donc par… New York ! Si les pays pauvres sont en règle générale les plus durement touchés par les effets du réchauffement climatique (notamment en raison du manque de moyens disponibles), force est de constater que New York et Boston pourraient très bientôt devenir particulièrement vulnérables aux inondations causées par d’éventuelles tempêtes. Si la tendance se confirme, ce sont des millions de foyers qui devront être évacués d’ici à 2100, alors que certaines zones (plages et zones humides notamment) seront également fortement endommagées par le phénomène.

Un niveau des océans qui augmente de plus en plus rapidement
Alors que le niveau des mers augmente en moyenne de 3 mm par an, l’étude américaine, publiée sur le site de Nature Climate Change, a montré que dans cette zone géographique précise, la montée des eaux est passée de 2 mm à 3,7 mm par an depuis 1990 (3 à 4 fois plus rapide que la moyenne mondiale).
La raison pour laquelle des villes comme Boston ou New York sont menacées par ce phénomène est simple. Selon Michel Petit, président du conseil d’administration de l’Institut océanographique à Paris, « si les vagues partent d’un niveau plus élevé, elles vont plus loin à l’intérieur des terres ». À noter que le simple fait de renforcer les digues ne sera malheureusement pas suffisant…

Deux principaux facteurs expliquent la montée du niveau des océans
De nombreuses études mettent en avant la montée des eaux, et ce phénomène est largement incontesté. On parle le plus souvent d’une hausse de 15 cm entre 1880 et 1980. Et ce constat peut s’expliquer par deux facteurs principaux. Dans un premier temps, le volume d’eau présent dans les océans a augmenté. En effet, l’eau, lorsqu’elle est chauffée au-delà de 4 °C, voit son volume augmenter. Le réchauffement des océans est donc un premier facteur qui mènerait à une montée des eaux (ce facteur étant à lui seul responsable d’une hausse de 5 cm au cours du 20e siècle, selon les estimations). Le deuxième facteur est le volume d’eau ajouté aux océans suite à la fonte des glaciers (terrestres). Ce facteur serait responsable d’une augmentation du niveau des océans de près de 3 cm. Ces deux facteurs peuvent donc expliquer 8 des 15 cm d’augmentation constatés.

Quid des 7 cm restants ?
Les explications concernant les 7 derniers centimètres font largement débat à l’heure actuelle. En effet, la seule explication plausible serait la fonte des glaces de l’Arctique, de l’Antarctique ou encore du Groenland. La fonte de ces glaces ne serait en revanche pas due à l’augmentation de la température de l’atmosphère, puisque dans un environnement aussi froid et sec, une augmentation des températures se traduirait par l’apparition de vapeur d’eau se transformant inévitablement en neige, ajoutant donc de la glace à celle déjà présente. Mais une augmentation de la température des eaux océaniques présentes autour de ces étendues glacées pourrait en revanche faire fondre les couches inférieures de ces glaces, contribuant donc à l’élévation globale du niveau des eaux.

Quelle réponse de la part de l’Homme ?
Au cours du 20e siècle, l’Homme s’est adapté à cette montée du niveau des océans. Mais aujourd’hui, 70 % des plages sont grignotées de jour en jour par la mer. On estime en effet qu’à une augmentation du niveau des eaux de 15 cm correspond une perte de 15 mètres de plage (sur une période de 100 ans) pour des côtes peu pentues. Des maisons construites au bord de l’eau au début du 18e ou du 19e siècle se retrouvent aujourd’hui les pieds dans l’eau, ou bien doivent être protégées par des digues. Mais ces solutions sont uniquement temporaires, et un renforcement des digues ne sera pas suffisant selon Michel Petit. Ce dernier est d’ailleurs pessimiste quant à cette situation, car même en cas de stabilisation des températures, l’inertie du système océanique ne permettrait pas d’inverser la tendance avant plusieurs siècles. Et les îles à basse altitude du Pacifique sud, particulièrement concernées par ce phénomène et qui se sont d’ailleurs réunies en novembre 2010 à l’occasion de la conférence sur le changement climatique au Kiribati, ne disposent pas d’un délai aussi long…

Julien Revest.

Sources :
Earth’s Climate : past and future, William F. Ruddiman, 2001.
Terraeco.net

Images:

http://stevengoddard.files.wordpress.com/2010/11/700px-recent_sea_level_rise.png

http://www.geo.fr/var/geo/storage/images/media/images/rubrique-environnement/actualite-durable/fonte-des-glaces/564394-1-fre-FR/fonte-des-glaces_940x705.jpg

It’s happening !

Jeudi, avril 12th, 2012

Selon un rapport du Forum humanitaire mondial, rendu public en 2009 et présenté dans la foulée par Kofi Annan, ancien secrétaire général des Nations Unies, le réchauffement climatique tue près de 300 000 personnes par an.
Ce sont majoritairement les pays du Sud et les 325 millions de personnes les plus pauvres du monde qui sont touchés par le changement climatique. Des phénomènes extrêmes tels que des ouragans, cyclones, inondations, pluies torrentielles, vagues de sécheresse, ainsi que l’élévation du niveau de la mer… menacent de nombreux pays et des milliards d’hommes et de femmes.

Julien Revest.

Source image: http://www.sxc.hu/

Jaime Lerner, un entrepreneur pour la planète

Jeudi, mars 29th, 2012

Jaime Lerner, architecte de formation et maire de Curitiba à trois reprises

La majorité des observateurs juge que le XXIe siècle sera un siècle urbain (près de la moitié de la population mondiale vivra dans les villes). Or, avec l’augmentation rapide de la population, cette urbanisation, non problématique en soi, suscite plusieurs enjeux (sociaux et environnementaux), surtout si celle-ci s’effectue dans de mauvaises conditions. Pourtant, les solutions existent. Jaime Lerner, ancien maire de Curitiba, ville du sud du Brésil, estime d’ailleurs que « la ville n’est pas un problème, mais au contraire une solution ».

Un intérêt précoce pour les problèmes liés à l’urbanisation

Étudiant en architecture, Jaime finit ses études au milieu des années 1960. La ville de Curitiba est alors loin des 1,5 millions d’habitants qui la peuplent aujourd’hui (près de 3 fois moins à l’époque). Malgré tout, le jeune homme se méfie déjà des dangers que peuvent amener l’urbanisation croissante et l’augmentation du nombre de véhicules sur les routes. Si sa première tentative pour s’attaquer à ce problème est un échec (il perd un appel d’offres de la ville face à une multinationale française), il ne baisse pas les bras et décide de créer le premier Institut de Planification Urbaine de la ville, avec comme objectif d’influencer les décideurs de la préfecture. Jaime Lerner est nommé pour la première fois maire de Curitiba en 1971, à seulement 33 ans.

Des projets innovants qui répondent aux besoins de la ville

Il s’entoure alors d’une équipe de jeunes gens très créatifs, qui vont proposer de nombreuses solutions innovantes, solutions qui « dérangent », mais auxquelles la population adhère. En 1975, son premier mandat s’achève, et n’étant pas tellement attiré par le monde politique, il choisit de retourner à son domaine favori : l’architecture. Jaime revient cependant au pouvoir en 1979, élu cette fois-ci, et fort d’une popularité héritée de son premier passage au poste. Il affirme que « n’importe quelle ville peut être changée en moins de 2 ans ». Forte volonté politique, créativité et bon sens de la communication sont les éléments indispensables selon lui. Et ses projets sont nombreux.

Curitiba, Brésil

Transports publics et gestion des déchets

Prenons par exemple le cas des transports publics. Jaime choisit de miser sur un réseau de bus en partenariat avec le privé pour un coût 200 fois moindre au kilomètre que le projet de métro urbain ultra sophistiqué que tout le monde essaye de lui vendre. Son modèle est particulièrement bien conçu. Il finance en effet les sociétés de bus au kilomètre parcouru, et non au nombre de passagers. Ainsi, le réseau déployé est vaste et de bonne qualité.

De plus, et grâce à l’idée de transformer chaque billet de transport en billet de loterie, ce sont désormais 3 habitants sur 4 qui utilisent régulièrement les transports en commun (plus de 1,5 million de passagers par jour). En conséquence, la consommation de carburant par habitant est donc 25 % moins élevée que la moyenne du pays. Et les sociétés de bus, aujourd’hui rentables, n’ont plus besoins de subventions !

Une idée ingénieuse a également résolu le problème de la gestion des déchets. Refusant les plans de construction d’une usine moderne de tri, Jaime Lerner a préféré lancer une vaste campagne participative de tri au sein des foyers de la ville.

Ainsi, 70 % de la population de Curitiba trie aujourd’hui ses déchets, ce qui permet à la ville d’économiser des sommes considérables. De plus, les populations pauvres de favelas sont aussi intégrées au plan grâce au programme « déchets contre nourriture ». Enfin, la ville rachète les déchets pris dans les filets des pêcheurs, ce qui a permis non seulement de dépolluer les rivières, mais également de tripler les revenus des familles pauvres de pécheurs.

Et ça ne s’arrête pas là !

S’ajoute à cela la création de 360 crèches et de 120 hôpitaux ou services d’urgences (certains sont gratuits et ouverts 24 h/24), l’augmentation du nombre d’espaces verts (plus d’un million d’arbres plantés), etc. La population a fortement apprécié les différentes initiatives, et le maire Lerner a été réélu une troisième fois en 1988. Gouverneur à deux reprises de l’état du Parana, il est aujourd’hui président de l’Union internationale des architectes, ce qui lui donne l’occasion de voyager et de partager sa vision de la ville du futur.

Son message pour répondre aux grands enjeux de la planète : « Commencez par deux choses, triez vos déchets, et utilisez moins votre voiture… »

Julien Revest.

Sources images:

http://www.oitopassos.com/2011/02/05/lojas-de-salvados-em-curitiba/

http://development.thinkaboutit.eu/think3/post/an_internationally_famous_city

Le paradoxe de l’obsolescence programmée

Lundi, décembre 5th, 2011

Votre ordinateur fait des bruits bizarres ? Il ne marche pas comme il le devrait, même si vous venez de l’acheter ? Vous venez d’être victime de l’obsolescence programmée.

L’obsolescence programmée est un concept stratégique utilisé par les entreprises, et qui prévoit qu’un produit donné sera défectueux au bout d’un certain temps (fixé à l’avance). Cette obsolescence est prévue dès la conception du produit en question. Les entreprises ne cherchent donc pas à assurer au consommateur un temps d’utilisation optimal, mais veulent avant tout pousser les clients à la surconsommation dans le but de faire toujours plus de profit.

Le mythe du recyclage des déchets électroniques

Votre ordinateur quant à lui, va finir dans l’un des 900 containers qui part d’Europe de l’Ouest chaque semaine, à destination des déchèteries d’Asie et d’Afrique, emportant avec lui plusieurs tonnes de déchets électroniques. Ces déchets sont d’ailleurs rarement réutilisés. 80% de ceux-ci sont enfouis ou brulés, dégageant alors un nombre important de polluants comme du mercure, contenu dans les écrans plats, et des métaux toxiques lourds contenus dans les unités centrales. L’énergie et les ressources utilisées pour la fabrication de ces produits sont dès lors comme gaspillés, l’informatique étant en plus de cela une des industries qui consomme le plus d’eau. Selon Greenpeace, beaucoup d’entreprises ont banni l’utilisation de produits toxiques dans la fabrication et la conception de leurs différents produits, mais elles n’ont pas pour autant tenté d’améliorer la longévité de ces derniers. La raison est toute simple : dans une société de (sur)consommation, vendre toujours plus est la norme. Certains objets sont donc conçus pour être obsolètes très rapidement, et remplacés par un autre objet de la même entreprise. C’est le cas des logiciels vendus par Microsoft, qui demandent toujours des versions plus récentes. Ainsi, lire certains fichiers devient impossible pour l’utilisateur si celui-ci ne possède pas la version la plus récente du logiciel permettant la lecture du fichier en question.

Politique irresponsable

Dans une société qui prend peu à peu conscience des ressources limitées dont nous disposons, cette politique irresponsable apparait alors en total désaccord avec la situation et les besoins actuels. Lutter contre l’obsolescence programmée permettrait non seulement d’aider la planète en préservant au mieux les ressources, mais peut aussi permettre aux consommateurs de faire des économies non négligeables.

Utile vs. superflu

La première chose à faire serait de discerner l’utile du superflu. Nous consommons trop, et souvent de manière irraisonnée. Modifier nos modes de consommation et notre manière de penser est indispensable. Ainsi, certains sites internet tels que epeat.net, donnent des notes aux appareils électroniques. Aucune excuse à ce moment-là pour ne pas acheter des produits plus « verts ». Contrairement à l’iPhone, dont la fabrication est terriblement coûteuse pour l’environnement, certains Smartphones comme le Nokia C6-01 ont un impact relativement faible. A faible consommation d’énergie et composé à 60% de matériaux recyclés, celui est également recyclable à 100% !

Un autre site, iFixit.com, donne des conseils pour réparer tout équipement défectueux, et ainsi doubler la durée de vie, diminuer de moitié les déchets liés à son utilisation et économiser de l’argent. Si ces gestes sont à la portée de tout le monde, certaines autres actions sont du ressort des organisations et pouvoirs publics.

Une impulsion nécessairement politique

En effet, il doit être du devoir des pouvoirs publics de mettre en place des normes plus contraignantes à destination des entreprises, afin de stopper ce gaspillage environnemental. L’union européenne par exemple, a voté une directive prévoyant le retrait progressif des ampoules à incandescence (ampoules traditionnellement utilisées aujourd’hui). Cette mesure devrait permettre à certains projets, comme les travaux sur les LED (Light-Emitting Diode) de prendre une dimension plus importante. Soit dit en passant, les LED sont 10 fois plus puissantes et consomment moins d’énergie que les ampoules traditionnelles (produit d’ailleurs particulièrement concerné par l’obsolescence programmée…).

Les entreprises doivent également favoriser voire rendre obligatoire l’innovation, dans une vision d’éco-conception (concevoir des produits en prenant en compte les principes de développement durable). La créativité est plus importante que jamais, le design intelligent aussi.

Changer notre manière de penser, voilà le challenge principal de la société actuelle. Car si le fait de favoriser le gaspillage et la surconsommation est une stratégie lucrative à court terme, elle n’est pas adaptée pour du long-terme. Investir en R&D est coûteux mais cela paye à long-terme. Les exemples et les success stories ne manquent d’ailleurs pas…

Julien Revest.

Voûte Nubienne : Un projet de développement qui gagne à être connu

Jeudi, novembre 24th, 2011

En matière de développement, deux associations, Le Partenariat et l’Association la Voûte Nubienne (AVN),; œuvrent ensemble pour apporter des réponses concrètes aux problèmes liés à l’habitat dans la région de Podor, au nord du Sénégal.

Vous avez dit Voûte nubienne ?

Leur projet est ambitieux puisqu’il vise à généraliser le procédé de voûte nubienne dans le Nord du Sénégal – région de Podor. Derrière cette étrange expression se cache un procédé architectural ancestral venu du haut Nil, et historiquement inconnu en Afrique de l’Ouest. Cette technique représente pourtant une réponse aux problèmes d’habitation en Afrique, puisqu’elle permet la construction de bâtiments à l’aide d’un outillage basique et de matériaux locaux.

Une pratique qui constitue une triple avancée, puisqu’elle est à la fois « socialement responsable, économiquement viable et écologiquement durable », selon le communiqué de presse des deux associations.

La désertification, facteur de paupérisation

En effet, les populations nord-sénégalaise doivent faire face à une accélération du phénomène de désertification dans leur région. Cela a pour conséquence de raréfier le bois, et donc de priver les habitants de toiture, puisque celle-ci provient largement de matériaux naturels. Ils doivent alors se tourner vers des matières plus chères et moins durables telles la tôle. Une situation difficile pour les populations de la région sahélienne qui sont victimes d’une cercle vicieux de la pauvreté – faible budget et paupérisation du fait de l’augmentation de leurs dépenses de construction.

Le 7 décembre prochain, les deux associations vous donnent donc rendez-vous à 18h au centre Gaïa, situé au 71, rue Victor Renard, à Lille. Au programme, présentation du projet, projection du film « Pour des Toits de Terre au Sahel », réalisé par Les Artisans du Changement, ainsi qu’une exposition de photographies dont la vente permettra de financer le projet.

Lien Facebook de l’évènement.

Camille Cordonnier