14mai/130

Gaz de schiste, le mythe de l’eldorado économique

mai 14th, 2013

La France posséderait des réserves de gaz de schiste parmi les plus importantes d’Europe. Un potentiel énergétique dormant, puisque la France a interdit depuis 2011 la fracturation hydraulique, seul procédé permettant d’extraire le précieux gaz. Alors que le pays doit faire face au défi énergétique, le gaz de schiste est-il vraiment l’eldorado économique que certains présentent ?

Grand ennemi des écolos – du fait de la pollution des sols engendrée par la technique de la fracturation hydraulique (injection de grandes quantités d’eau et de centaines de produits chimiques) – mais présenté comme miracle économique par d’autres, l’extraction du gaz de schiste s’est développée dans de nombreux pays comme la Pologne, l’Ukraine, la Grande-Bretagne ou encore les Etats-Unis. Son potentiel économique et énergétique n’est pourtant plus à prouver pour ses défenseurs.

L’expérience américaine comme exemple de réussite ?

Comme l’a expliqué le 3 février dernier, Carlos Pascual, le délégué spécial américain aux affaires énergétique, lors de la dernière conférence sur la sécurité et la coopération en Europe, « la révolution interne de l’énergie aux Etats-Unis et l’augmentation radicale de la production de pétrole et de gaz a fait que la production de gaz a augmenté de 25%, tandis que la dépendance vis-à-vis des importations de pétrole baissait de 60% à 40%, et devrait même tomber à 30% », soulignant ainsi les réussites économiques liées à cette énergie.

Le gaz de schiste aurait donc plusieurs vertus : renforcer l’indépendance énergétique des pays producteurs, tout en apportant retombées économiques. Aux Etats-Unis, Le gaz de schiste représente près du tiers de la production gazière du pays. Une énergie présente en abondance est très peu chère, permettant de réduire le coût des dépenses énergétiques dans le pays. Une solution miracle qui apparaîtrait presque sans contreparties.

En France, des sous-sols riches en gaz de schiste

Selon le Conseil général de l’industrie, de l’énergie et des technologies (CGIET) et le Conseil général de l’environnement et du développement durable (CGEDD), les sous-sols de la France recèlent quelque 5 000 milliards de mètres cubes de gaz de schiste, faisant de l’Hexagone le deuxième pays européens en termes de réserves.

Réserves européennes de gaz de schiste

En termes de production, le pays pourrait ainsi produire près de 20 milliards de mètres cubes chaque année. Un potentiel énergétique non négligeable, à l’échelle du pays.

La question de la transition énergétique dans l’Hexagone

Le gaz de schiste, peu cher, serait également une réponse à la question de la transition énergétique. En effet, parmi les projets du président François Hollande, figure l’objectif de réduction de la part du nucléaire de 75% à 50 % d’ici 2025.

Pour compenser cette réduction, l’utilisation d’une énergie peu onéreuse serait ainsi un avantage économique pour la France. Le débat sur la transition énergétique a été ouvert par le gouvernement et devrait se tenir jusqu’à la mi 2013. De plus, l’utilisation du gaz de schiste permettrait de réduire la facture gazière du pays qui ne cesse d’augmenter.

A titre d’exemple, la facture des importations de gaz et de pétrole a atteint près de 61 milliards d’euros en 2011. Les dernières études montrent que la France possède l’équivalent de 90 ans de consommation de gaz dans son sous-sol, une véritable petite mine d’or énergétique.

Il convient cependant de contrebalancer le potentiel du gaz de schiste, puisque selon le rapport du Centre de recherche commun (JRC, l’une des directions générales de la Commission européenne), l’exploitation des gaz non-conventionnels, dont le gaz de schiste, ne permettrait pas à l’Europe d’atteindre l’indépendance en ce qui concerne le gaz naturel.

Un secteur créateur d’emplois ?

Une fois de plus, il convient de se tourner vers les Etats-Unis pour voir la contribution du gaz de schiste en termes d’emplois. En 2010, ce secteur a permis d’y créer 600 000 emplois directs et indirects. Même si en France, ce secteur permettrait de créer des emplois, il s’agirait d’une embellie plus timide.

En effet, bien que dans l’Hexagone, le secteur de l’énergie emploie près de 500 000 personnes, selon la ministre de l’Ecologie, du Développement durable et de l’Energie Delphine Batho, les retombées du gaz de schiste en termes de création d’emploi n’excèderont pas 2% de ce total. Selon les estimations, la prospection et la production de gaz de schiste ne pourraient permettre de créer que 10 000 emplois et non 100 000 comme plusieurs sources veulent l’affirmer.

Le coût économique des pollutions liées au gaz de schiste

Enfin, il n’est pas possible d’évoquer le gaz de schiste sans parler du coût économique lié à la pollution qu’il pourrait entraîner. Tout d’abord, en termes de réchauffement climatique. En effet, une partie du gaz de schiste contient du méthane, un gaz à effet de serre.

Or, lors de l’extraction du gaz de schiste, ce composé est libéré dans l’atmosphère, accélérant ainsi le réchauffement climatique. Un réchauffement climatique qui cause catastrophes naturelles et changements climatiques, selon les experts du Groupement d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat. Des dommages également chiffrés par le rapport Stern sur l’économie du changement climatique. Ce dernier explique que les effets du réchauffement climatique pourraient entraîner une récession allant jusqu’à 20% du PIB mondial.

De plus, selon une étude menée par des universitaires dans l’Etat du Colorado, aux Etats-Unis et publiée dans le Journal of Geophysical Research, 4% du gaz s’échapperait lors de son extraction, en faisant une énergie produisant plus d’émissions polluantes que le charbon.

Au-delà de la pollution de l’air liée à l’extraction du gaz de schiste, le point qui fait le plus polémique reste la pollution des sols qu’elle pourrait entraîner. En effet, pour extraire ce gaz, une seule technique a pour l’instant été élaborée : le principe de la fracturation hydraulique. Cette dernière consiste à injecter sous très haute pression de grandes quantités d’eau et de produits chimiques (plus de 596 produits chimiques).

Principe de la fracturation hydraulique

Ce « stress mécanique » est interdit en France depuis une loi de 2011, bloquant ainsi toute extraction de gaz de schiste dans l’Hexagone. En effet, il a été reconnu que ce principe pourrait entraîner de sévères dommages sur l’environnement parmi lesquels la pollution des nappes phréatiques, des eaux de surface ainsi que des écosystèmes, comme en attestent plusieurs cas répertoriés aux Etats-Unis.

La fracturation hydraulique représente également une menace pour la sécurité sanitaire des populations. Un coût en termes de dépenses publiques qui pourrait largement contrebalancer les gains économiques engendrés par la production. Mais pour l’heure, aucune autorisation n’a été donnée concernant la fracturation hydraulique.

Malgré les avantages économiques que le gaz de schiste semble avoir en termes de rentabilité, d’indépendance énergétique ou de création d’emplois – avantages économiques largement surévalués par la plupart de ses défenseurs – il est nécessaire de peser tous les coûts économiques qu’il peut générer, en termes de pollutions notamment. Un bilan qui place le gaz de schiste bien loin de l’image d’eldorado économique que veulent en faire ses défenseurs.

Camille Cordonnier

24jan/130

BoP and Inclusive Business: the role of businesses in the fight against poverty

janvier 24th, 2013

This article first appeared on Socialinnovationeurope.eu under the title “Inclusive Business: Innovation for all” and was cross-posted & edited with permission.

Over 4 billion people worldwide lack access to products and services necessary to meet their basic needs –food, housing, safety, health, comfort, culture… They constitute the population commonly referred to as “the poor”. In the E.U. alone, this represents over 80 million people. You may see this as a shame, a problem to solve, a cause to commit to, a society challenge… Some see this as a market failure and the sign that there are many efforts to make (and opportunities to seize) to match the needs.

At the crossroads of social and economic issues

This last take on poverty is the subject of the fields called the “Base of the Pyramid (BoP)” and “Inclusive Business”. The name comes from the fact that these aggregated populations make the bulk of the world demographics, while the richer populations only make the tip of the economic pyramid. Simply put, Inclusive Business consists in considering poor and marginalised persons as full economic agents, as consumers, producers, distributors and entrepreneurs, and designing business models and value chains in a manner that creates shared value and allows for development.

This view is growing steadily among the corporate world and development professionals alike. Faced with this sheer number—over 4 billion people!—some see large, untapped markets, unprecedented opportunities and an open field for innovation, and are developing strategies to reach them. Others see a potential for market-based solutions to tackle poverty on a scale and with an efficiency never achieved before.

Taking into account the socio-economic complexity of poverty

Easier said than done. In reality, poverty has so many factors and facets, and developing economies (and ours) can be crippled with so many market flaws, that BoP and Inclusive Business initiatives cannot rest merely on a low-cost strategy, just as they cannot be led by one company alone. Whether they are implemented in developing or developed countries, these initiatives need to be co-created with the communities at the base of the pyramid. This is the only way to build a real understanding of the daily lives and needs of the poor as customers and business partners, and to achieve social and economic goals.

They also need to rest on strategic partnerships between companies and other actors in the field, especially from the civic and public sectors which are already running programmes dedicated to poverty issues and possess invaluable insight.

Changing the way we see & do business

These initiatives also require new frameworks and lenses for companies to see their own activities and their business ecosystem through. For instance, the key success factors of BoP strategies—affordability, availability, awareness and acceptability (the “4 As”)—cannot be reached without innovation in the value chain, for which innovative representations are needed. And for Inclusive Business to achieve real change, it needs to rest on disruptive strategies that involve, there again, a fair amount of modelling of the company, its assets, processes, cost structure and revenue stream, value proposition… and even its relationship to its business ecosystem, including partnerships and consumer engagement.

One key issue regarding Inclusive Business is collaboration between companies, along with the public and civic sectors, academics, institutions… in order to build those frameworks for action. This entails to conceive other ways of doing business, and even new ways of seeing competition and the role of businesses, large and small, in their ecosystems. This is why third parties are required to set up working groups, ensure knowledge exchange, conduct research and refine business models that work for development.

________________________________________________

If you are interested in business at the base of the economic pyramid, and more generally the role of businesses for poverty eradication, here are some sources to get started:

The platforms NextBillion, Business Fights Poverty and The Practitioner Hub relay news, opinions & publications on the matter, and allow you to connect and discuss with professionals.
The BoP Learning Labs work with businesses and other organisations to expand knowledge on the subject and refine business models & partnerships for development.

Growing Inclusive Markets, an initiative of the United Nations Development Program, provides a large database of initiatives illustrating the role of businesses in achieving the Millennium Development Goals.

And finally, the (free!) educative platform edX will feature, starting in February, a course entitled The Challenges of Global Poverty, given by MIT professors Esther Duflo and Abhijit Banerjee.

Haude Le Guen
@HaudeLeGuen

1déc/120

European investment in solar energy : the key to success

décembre 1st, 2012

Panneaux solaires

According to the European Energy Markets Observator, the economic crisis made utilities in Europe invest less in renewables, including solar energy. The figures show that the investment decreased by 14% in the second half of 2008 compared to the same period in 2007. But as the total electricity demand will increase by an annual growth rate of 2.4%, and fossil energy prices will still increase. We can wonder whether a European utility should invest in solar energy production.

To me, it is a strategic asset, and as the competitiveness of various renewables-based electricity generating technologies (including solar energy) is higlhly dependent of policy support, that is why my answer is yes.

Solar : the future of energies

First of all, according to European Energy Markets Observator (EEMO), in 2030, renewables would account for 55,7% of electricity generation, and solar and wind would account for 20.1% of electricity generation in 2030. Furthermore, the EEMO explains that fossil and nuclear energies would lose market shares .

This means there is a great opportunity for a European utility to develop solar production. it is also important to mention the demand, since according to the IEA, solar and wind energies will enjoy the largest proportional increase in demand in 2030.

Furthermore, Europe committed to develop the biggest market of electricity, connecting 500 million consumers. This means, developping solar production is a startegy on the mid and long term, allowing Europe to face such demand.

A matter of european energy security

Moreover, according to the International Energy Agency, From 2009 to 2035, 44% of the growth in electricity generation comes from renewables and is mainly possible thanks to government policies, showing that European utilities have a role to play. In this 44% growth, solar PV would account for one-tenth . According to the IEA renewables represent 60% of investments in new power plants, including solar energy.

Developing solar production will allow Europe to play a significant part in the energy business, and make her less dependent on fossil energies (Europe is dependent at 83% on crude imports).

Moreover, as we are facing a era of uncertainty in prices, because of prices volatility, it will help Europe ensure its energy security.

Second of all, in the mid-term, Europe has established a EU legislation on climate change. Indeed, its goal is to source 20% of its total energy from renewables by 2020. Utilities must adapt to this legislation and develop CO2-free generation through renewable energies, including solar energy.

According to the EEMO, Solar energy also offers a huge potential especially for water heating, in the short/medium term and solar photovoltaic in the longer term. Such potential is reaffirmed by the IEA which say that 70% of the growth in solar PV capacity occurs in many regions of the world, including the European Union.

As a conclusion, we can say developping solar production is strategic on the mid and long terms. It will help to decrease Europe’s dependence on fossil energies, its energetic bill, and allow her to achieve its three objectives : competitiveness, sustainability and security of supply.

At the same time, it can make Europe a leader in solar energy production like China and India. But the European Union has to be very careful, because other utilities like the chinese ones which produce solar plants at a loss and are doing what we can call « solar dumping ».

Raul Shimabuku

24oct/120

Réduction des émissions de gaz à effet de serre : l’heure du bilan !

octobre 24th, 2012

L’Agence Européenne pour l’Environnement a aujourd’hui rendu publics les chiffres relatifs aux réductions d’émissions de gaz à effet de serre pour les pays européens, dont les objectifs avaient été fixés lors du protocole de Kyoto en 1997. Si l’Europe devrait facilement atteindre ses objectifs pour la fin 2012 (réduction des émissions de GES de 5% par rapport aux niveaux de 1990), les résultats propres à chaque pays sont en revanche assez disparates.

Le Royaume-Uni fait figure de leader en Europe, puisque le pays a déjà dépassé ses objectifs avec une réduction de 6% de ses émissions de GES. Les raisons évoquées sont un temps relativement doux, une hausse de l’utilisation des énergies renouvelables, mais aussi une économie qui tourne au ralenti. La France et l’Allemagne atteindront également sans problème leurs objectifs, avec des réductions non négligeables de 5% et 2% respectivement. L’Espagne et l’Italie sont en revanche à la traine, et risquent fortement de ne pas être en mesure de remplir leur part du contrat. Leur seule solution serait alors d’acheter des crédits (droits d’émission) sur le marché du carbone, une « solution » qui coûterait plusieurs dizaines de millions d’euros à des économies déjà aux abois.

Connie Hedegaard, membre de la commission européenne, fait également une remarque tout à fait intéressante à propos des résultats en question : « The EU is delivering on its Kyoto commitment. While our economy grew 48% since 1990, emissions are down 18%. These figures prove once again that emissions can be cut without sacrificing the economy. Now, it is important to keep the direction ». Qui a dit que s’occuper de réduire notre impact environnemental avait une incidence néfaste sur notre économie ?

À l’heure actuelle, les États européens sont les seuls à vouloir continuer dans ce sens après l’année 2012. Et on comprend pourquoi : les objectifs fixés lors du sommet de Copenhague en 2009 et prévus pour 2020 seront probablement largement atteints !

Julien Revest.

17août/120

Réchauffement climatique et montée des eaux : quand les pays riches sont menacés …

août 17th, 2012

Phénomène reconnu par l’ensemble de la communauté scientifique, la montée du niveau des océans n’est pas uniforme. C’est ce que nous apprend une récente étude américaine (du USGS, le centre géologique américain), qui a démontré que cette montée des eaux était en fait de 3 à 4 fois plus rapide sur une zone côtière allant de Boston à la Caroline du Nord, et passant donc par… New York ! Si les pays pauvres sont en règle générale les plus durement touchés par les effets du réchauffement climatique (notamment en raison du manque de moyens disponibles), force est de constater que New York et Boston pourraient très bientôt devenir particulièrement vulnérables aux inondations causées par d’éventuelles tempêtes. Si la tendance se confirme, ce sont des millions de foyers qui devront être évacués d’ici à 2100, alors que certaines zones (plages et zones humides notamment) seront également fortement endommagées par le phénomène.

Un niveau des océans qui augmente de plus en plus rapidement
Alors que le niveau des mers augmente en moyenne de 3 mm par an, l’étude américaine, publiée sur le site de Nature Climate Change, a montré que dans cette zone géographique précise, la montée des eaux est passée de 2 mm à 3,7 mm par an depuis 1990 (3 à 4 fois plus rapide que la moyenne mondiale).
La raison pour laquelle des villes comme Boston ou New York sont menacées par ce phénomène est simple. Selon Michel Petit, président du conseil d’administration de l’Institut océanographique à Paris, « si les vagues partent d’un niveau plus élevé, elles vont plus loin à l’intérieur des terres ». À noter que le simple fait de renforcer les digues ne sera malheureusement pas suffisant…

Deux principaux facteurs expliquent la montée du niveau des océans
De nombreuses études mettent en avant la montée des eaux, et ce phénomène est largement incontesté. On parle le plus souvent d’une hausse de 15 cm entre 1880 et 1980. Et ce constat peut s’expliquer par deux facteurs principaux. Dans un premier temps, le volume d’eau présent dans les océans a augmenté. En effet, l’eau, lorsqu’elle est chauffée au-delà de 4 °C, voit son volume augmenter. Le réchauffement des océans est donc un premier facteur qui mènerait à une montée des eaux (ce facteur étant à lui seul responsable d’une hausse de 5 cm au cours du 20e siècle, selon les estimations). Le deuxième facteur est le volume d’eau ajouté aux océans suite à la fonte des glaciers (terrestres). Ce facteur serait responsable d’une augmentation du niveau des océans de près de 3 cm. Ces deux facteurs peuvent donc expliquer 8 des 15 cm d’augmentation constatés.

Quid des 7 cm restants ?
Les explications concernant les 7 derniers centimètres font largement débat à l’heure actuelle. En effet, la seule explication plausible serait la fonte des glaces de l’Arctique, de l’Antarctique ou encore du Groenland. La fonte de ces glaces ne serait en revanche pas due à l’augmentation de la température de l’atmosphère, puisque dans un environnement aussi froid et sec, une augmentation des températures se traduirait par l’apparition de vapeur d’eau se transformant inévitablement en neige, ajoutant donc de la glace à celle déjà présente. Mais une augmentation de la température des eaux océaniques présentes autour de ces étendues glacées pourrait en revanche faire fondre les couches inférieures de ces glaces, contribuant donc à l’élévation globale du niveau des eaux.

Quelle réponse de la part de l’Homme ?
Au cours du 20e siècle, l’Homme s’est adapté à cette montée du niveau des océans. Mais aujourd’hui, 70 % des plages sont grignotées de jour en jour par la mer. On estime en effet qu’à une augmentation du niveau des eaux de 15 cm correspond une perte de 15 mètres de plage (sur une période de 100 ans) pour des côtes peu pentues. Des maisons construites au bord de l’eau au début du 18e ou du 19e siècle se retrouvent aujourd’hui les pieds dans l’eau, ou bien doivent être protégées par des digues. Mais ces solutions sont uniquement temporaires, et un renforcement des digues ne sera pas suffisant selon Michel Petit. Ce dernier est d’ailleurs pessimiste quant à cette situation, car même en cas de stabilisation des températures, l’inertie du système océanique ne permettrait pas d’inverser la tendance avant plusieurs siècles. Et les îles à basse altitude du Pacifique sud, particulièrement concernées par ce phénomène et qui se sont d’ailleurs réunies en novembre 2010 à l’occasion de la conférence sur le changement climatique au Kiribati, ne disposent pas d’un délai aussi long…

Julien Revest.

Sources :
Earth’s Climate : past and future, William F. Ruddiman, 2001.
Terraeco.net

Images:

http://stevengoddard.files.wordpress.com/2010/11/700px-recent_sea_level_rise.png

http://www.geo.fr/var/geo/storage/images/media/images/rubrique-environnement/actualite-durable/fonte-des-glaces/564394-1-fre-FR/fonte-des-glaces_940x705.jpg